Alain Bashung: ''J'ai envie que ma voix porte''

Alain Bashung: ''J'ai envie que ma voix porte''

Elégance, gravité, humour. Trois mots pour qualifier Alain Bashung. Mais il faudrait aussi ajouter: vertige métaphysique, électron libre du rock, audace singulière mêlée de doute. C'est une fin de matinée et le «rigolo ténébreux», selon les mots de sa copine Brigitte Fontaine, tout de sombre vêtu - veste à col Mao, jean, boots mexicaines - accompagne la sortie de son nouvel album country rock, Bleu Pétrole. Les lunettes noires sont posées sur la table, près d'un Coca décaféiné. Dans un cendrier, une Gauloise se consume. Bashung raconte comment Arno, sur le tournage de J'ai toujours rêvé d'être un gangster, le film de Samuel Benchetrit où ils jouent deux chanteurs sur la route, a pris soin de lui: «Arrête ces saloperies, mets-toi au thé vert.» Il en rigole encore, allume une clope et se livre, en silences, entre les lignes.
Mis à jour le 14-03-2009 à 20:48