L'Homme à tête de chou est le second album-concept, c'est-à-dire narratif, de Gainsbourg, sorti en 1976, cinq ans après Histoire de Melody Nelson (7 choses à savoir sur Melody Nelson, à lire ici). Ses douze titres racontent l'histoire de Marilou, petite shampouineuse rendant fou de jalousie son amant aux grandes oreilles, qui la fera disparaître sous la mousse, à coups d'extincteur.

A sa sortie, l'album a été un échec commercial avant d'être largement considéré comme l'un des disques les plus aboutis de la chanson française par son invention musicale et poétique.

Le producteur Jean-Marc Ghanassia a eu l'idée de transformer l'album en oeuvre scénique. Jean-Claude Gallotta, figure de la danse contemporaine française aimant chorégraphier sur les genres musicaux les plus divers (de Bach à la musique khmer), a alors commencé à travailler avec Alain Bashung.

Ce dernier avait co-écrit, en 1982, un album (Play blessures) avec Gainsbourg, et partageait avec lui une vision exigeante de la chanson française.

L'artiste a enregistré les parties chantées en deux jours, fin 2006. Pour la première fois, il chantait un texte avant d'envisager la musique et, a cappella, sa diction s'éloigne tellement de l'original qu'elle peut dérouter.

Pour la musique, "il me disait: parfois, il faut que tu fasses des parties de guitare comme si tu ne savais pas jouer, ou si tu ne savait jouer que depuis six mois... Il pensait à Lou Reed et au Velvet Underground : il voulait des trucs comme ça, assez primitifs", se souvient le compositeur Denis Clavaizolle.

Initialement, Bashung devait être sur scène. Il a déclaré forfait durant sa maladie tout en encourageant Gallotta à poursuivre l'aventure.

Finalement, le spectacle créé à Grenoble fera l'objet d'une tournée en France fin 2009-début 2010, quelques mois après le décès d'Alain Bashung, le 14 mars 2009 à 61 ans des suites d'un cancer du poumon.