Bashung aime les silences ou abuse des mots qui hantent. Bashung a négocié des virages, pourtant il rêve de ligne droite. Bashung écrit un album contre l'autre. Il nous fait enfin une scène, cinq ans après La Cigale, porté par «Chatterton», son dernier album (Barclay), référence au poète anglais du xviiie siècle ou allusion au ruban isolant. Depuis «Gaby», en passant par «Play Blessures» et, bien sûr, par «Le Rio Grande» ou «Osez Joséphine», il a inventé et imposé un rock «lézardé», illustré de figures de style incendiaires, lyriques, crépusculaires. Et promené à l'écran des personnages étranges, murés dans leur univers: «Nestor Burma», «Rien que des mensonges», «Ma soeur chinoise». Tournée à Pékin par Alain Mazars (dans les salles le 9 novembre), cette adaptation du «Rêve du pavillon rouge», grand roman chinois, raconte, dans les années 70, l'histoire d'un Français et de sa petite fille, sur fond de dissidences. Une autre image de Bashung, mais la même façon d'aborder l'existence.. Olympia Bruno-Coquatrix, 75009 Paris, (16-1) 47-42-25-49. Du 1er au 6 novembre.. PHOTO: Alain Bashung