Pourquoi Re-Play Blessures?

Quand on m'a proposé l'idée de reprendre un disque de Bashung sur scène, j'ai pensé immédiatement à Play Blessures. C'est un album sombre et claustrophobe, qui dégage pourtant une grande liberté. Je ne l'ai pas découvert à sa sortie, en 1982, j'avais 10 ans, et je ne me suis pas appuyé dessus pour faire de la musique. Par contre, Play Blessures m'a accompagné et je le connaissais sur le bout des doigts - pas autant que maintenant mais quand même...

Comment avez-vous appréhendé cette relecture?

J'ai voulu garder la dualité entre le rockabilly, l'organique et le synthétique, le mécanique. Ces boîtes à rythme, ce son, qui rappellent Suicide et Alan Vega. Mon approche a été de refaire le disque en studio avec Philippe Almosnino, le guitariste des Wampas et Benjamin Lebeau de The Shoes. On l'a joué puis on s'en est éloigné. C'était ma manière de me l'approprier, d'y mettre beaucoup de moi. Pour le live, il y aura entres autres musiciens, un percu, un bassiste. J'envisage le spectacle comme une pièce d'un bloc, mais pas théâtrale, il ne s'agit pas de se tromper de sujet. Les 10 chansons seront jouées dans l'ordre chronologique. Et j'ai eu envie de finir le concert avec trois titres de l'album Bleu Pétrole (2008). Je ne les avais encore jamais joués, ils sont si différents qu'ils donneront une facette différente d'Alain, pour ne pas rester à un endroit, impulser un autre mouvement, un autre élan.

Vous avez écrit plusieurs morceaux de Bleu Pétrole. Que retenez-vous de cette collaboration avec Bashung?

La curiosité, l'envie, l'idée de travailler une idée, de la malaxer sans en perdre l'éclair, de l'adosser à d'autres expérimentations. Quand je bossais avec lui, je me suis souvent senti perdu. Je ne m'étais jamais senti autant abandonné. C'était la première fois que j'écrivais pour quelqu'un, que je participais à un album, que je co-produisais (avec Mark Plati). C'était beaucoup de premières fois. C'était comme un sas de décompression après Louise Attaque et Tarmac, puisqu'ensuite, j'ai enregistré mon premier album solo.

Bashung est-il difficile à chanter?

Play Blessures, particulièrement, cela tient aux sonorités. Mais il n'était de toute manière pas question de le faire à l'identique.

Parlez-nous de votre prochain album prévu pour le 30 septembre?

Le single, Eolienne, contient déjà des éléments comme les choeurs féminins. J'ai continué à collaborer avec les mêmes complices que Ginger et j'ai co-écrit les textes avec Pierre-Dominique Burgaud. Ginger m'avait incité à pousser les portes. Ce nouveau CD m'a amené encore ailleurs. J'avais besoin de me poser, d'être moins puzzle.

À quand une re-formation de Louise Attaque?

C'était dans les tuyaux au moment du best of du groupe mais j'étais en fin de tournée de Ginger, je pensais déjà à une deuxième manière d'avancer et ça m'embêtait de tout avoir à ranger. Quand les autres membres de Louise Attaque auront écouté mon nouveau disque, on en reparlera.