Corinne Lhaïk
La note: 17 sur 20. On pouvait croire que la défaite de Nicolas Sarkozy allait entraîner la fermeture du studio de production hollywoodien de la politique. C'était méconnaître la nature humaine! Sur un registre différent, le président "normal" nous donne un spectacle de qualité.
Le héros de 2012: François Hollande. C'est bien lui, François Hollande. Personnage rationnel et bien ordonné, le président a su s'entourer de seconds rôles fantasques: sa compagne et ses ministres dont nous suivons l'apprentissage en direct. Un regret pour le Premier ministre, sérieux et loyal, qui ne mérite pas son chemin de croix.
Le loser 2012: Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy. Son parti se déchire et risque de perdre beaucoup d'argent par sa faute: les comptes de campagne du candidat UMP viennent d'être rejetés par la commission chargée de leur surveillance.
Voeux pour 2013.The show must go on, si possible avec un peu plus de croissance!
Eric Mandonnet
La note: 15/20. Une campagne et une élection présidentielle palpitantes, un nouveau gouvernement avec quelques hauts et beaucoup de couacs, une abracadabrantesque élection à l'UMP: pour qui aime la politique, 2012 restera comme un grand cru.
Le héros de 2012: Patrice Gélard. Il est sénateur et il est devenu célébrissime. En soi, c'est déjà une performance. En plus, il ne s'est pas pris pour Dom Juan, qui croyait, dans la pièce de Molière, que "deux et deux sont quatre".
Le loser 2012: Martine Aubry. En 2011, elle aspirait à devenir présidente de la République. A la fin de 2012, elle est maire de Lille. Sans responsabilités au PS, sans portefeuille ministériel. Martine Aubrya raté sa sortie - ce qui n'a jamais empêché quiconque de réussir un retour.
Voeux pour 2013. Une vraie rénovation de la vie politique, sans démagogie ni faux semblant. On peut rêver? C'est un voeu, oui ou non?
Elise Karlin
La note: 16/20. Deux élections présidentielles, dont celle du président de l'UMP, des nouveaux députés, des nouveaux ministres, bref du suspens, de l'action, du sang, des larmes, et beaucoup de nouvelles têtes: belle année.
Les héros de 2012: Hollande, Valls et Montebourg.
François Hollande, qui a réussi à l'emporter sur fond de crise économique et de rejet du sarkozysme en s'appuyant sur une alliance à gauche.
Manuel Valls, qui a su s'imposer pendant la campagne présidentielle et qui jouit, après 7 mois d'action gouvernementale, d'une cote de popularité sans cesse grandissante quand celles du chef de l'Etat et du Premier ministre s'effondrent.
Arnaud Montebourg, qui a fait d'une incroyable humiliation politique une victoire emblématique.
Les losers de 2012: Hollande, Copé et Buisson
François Hollande, que l'ampleur nouvelle de la crise semble avoir pris de court, qui subit déjà les tiraillements au sein de sa majorité et qui ne peut imputer toute la gravité de la situation à son prédécesseur.
Jean-François Copé, qui s'accroche par sa seule volonté à son poste à la tête de l'UMP, transformant un combat politique en défense de ses intérêts personnels.
Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé, dont les thèses sur la droitisation de l'électorat UMP ont échoué en mai et en novembre.
Voeux pour 2013. Amour, gloire et débat d'idées.
Matthieu Deprieck
La note: 17/20. Une présidentielle plus disputée qu'on ne l'aurait cru, des législatives avec son lot de parachutages périlleux (et de crash qui vont avec), deux élections internes -dont une qui débouche sur une crise d'une violence jamais vu, et la naissance d'un nouveau parti (l'UDI): 2012 fut une année chargée.
Le héros: Patrice Gélard. Ce sénateur, inconnu du grand (comme du petit) public, s'est retrouvé bien malgré lui au milieu de la bataille Copé-Fillon pendant plusieurs jours. Ces déclarations fracassantes ("avec les voix manquantes de l'Outre-mer, le résultat aurait été inversé" est ma préférée) lui apportent sur un plateau le prix du meilleur espoir masculin.
Le loser: Jean-Luc Mélenchon. Perdre à Hénin-Beaumont, échouer à faire élire le moindre de ses proches à l'Assemblée, et provoquer le départ du seul député du Parti de gauche (en l'occurrence Marc Dolez), chapeau. Ses 11% de suffrages recueillis à la présidentielle -un score bien au-delà du potentiel de voix de la gauche radicale- devraient m'inciter à la modération. Mais puisque lui manie si bien la caricature, pourquoi ne pas en faire autant?
Voeux pour 2013. Une nouvelle présidentielle, de nouvelles législatives et une nouvelle élection à l'UMP. Un tiers a déjà été exaucé.
Tugdual Denis
La note: 12/20.
Le héros de 2012: Nicolas Sarkozy. Un tweet de Franck Louvrier, son ancien conseiller, résume ce choix. On y voit la photo d'un kiosque parisien bordé à gauche de la Une du Point: "UMP: et le vainqueur est... Sarkozy"; à droite: une pub avec pour égérie Carla Bruni. Le tout avec ce titre sobre: "25 novembre 2012".
Le loser de 2012: Jean-François Copé. La France, aujourd'hui, le déteste. Tête-à-claques, insincère, outrancier. S'il est candidat et élu en 2017, l'histoire de se reconquête de l'opinion sera fascinante à raconter.
Voeux pour 2013. Que la classe politique ait de la classe. Discours, personnages, épopées qui n'en sont pas, combats convenus: si normalité pouvait ne pas rimer avec médiocrité, ce serait pas mal.
Benjamin Sportouch
La note: 15/20. Belle année pour les fans de politique pimentée bien sûr par une élection présidentielle opposant deux fauves qui ont tout donné sans craindre -comme d'habitude- la démagogie.
Le héros de 2012: Arnaud Montebourg. Hollande avait toutes les raisons de le virer mais le ministre indiscipliné a su se rendre incontournable.
Le loser de 2012: Nicolas Sarkozy. Il perd la présidentielle et... l'autorité sur l'UMP après le fiasco de sa médiation. Copé et Fillon se sont affranchis plus vite que prévu.
Voeux pour 2013. Une droite qui se trouve - elle n'a plus de colonne vertébrale idéologique- et une gauche façon Hollande qui ne se perde pas -le Hollandisme existera-t-il ou est-ce un pragmatisme gestionnaire sans vision globale?
Et pour vous, qui est le héros de 2012? Et le loser de l'année? Quel événement politique vous le plus marqué?
