Depuis 2014, il est à la tête d'une des plus prestigieuses associations hôtelières (580 établissements disséminés sur les cinq continents, ambassadeurs de l'art de vivre à la française). A l'issue de cette crise sanitaire, Philippe Gombert le réaffirme : "Les valeurs de ces demeures, dont beaucoup sont au milieu de nulle part - un atout à l'heure de la distanciation sociale -, se révèlent pile au diapason de l'époque.

Plus que jamais, notre priorité est de s'ancrer dans un terroir et de le mettre en valeur à travers les produits locaux, l'artisanat et des rencontres artistiques, dans un esprit de partage. Ces instants d'ouverture et de dialogue ne sont-ils pas aujourd'hui la quintessence du luxe ?"

Philippe Gombert (Relais & Châteaux)

Philippe Gombert (Relais & Châteaux)

© / - (c) Anne-Claire Héraud

L'Express : Quel a été votre dernier voyage professionnel ?

Philippe Gombert : Je suis allé près de Boston voir Ocean House, l'un des derniers hôtels en front de mer de La Nouvelle-Angleterre. C'est un établissement iconique des années 1930, posé sur une plage qui s'étire à l'infini, face à l'océan Atlantique. Un endroit magique au panorama époustouflant.

Ocean House, Boston

Ocean House, Boston

© / - © Yann Stofer

Et celui que vous vous apprêtiez à faire, avant le Coronavirus ?

Partir en Namibie, dans la réserve privée de l'Epako Safari Lodge. Un campement luxueux dans la région du Damaraland où vivaient, il y a six mille ans environ, les chasseurs-cueilleurs de l'ethnie San. Cette terre d'Afrique australe possède une diversité de paysages grandiose et une richesse animalière surprenante. Ensuite, je devais poursuivre mon voyage vers les chutes Victoria sur le fleuve Zambèze.

Où avez-vous vu le plus beau coucher du soleil ?

Incontestablement, chez moi, dans la vallée de la Dordogne, et pourtant j'en ai vu pas mal des couchers de soleil lors de mes déplacements. Mais peu sont aussi beaux et apaisants qu'ici. Entre mai et septembre, il y a cette lumière dorée d'une extrême douceur qui nimbe les 140 hectares de forêts alentour.

Où avez-vous eu une vraie impression de bout du monde ?

Dans l'Aubrac, où j'aime marcher au milieu de ces paysages lunaires, entre forêts et pâturages. A l'issue d'une journée de randonnée, j'adore m'attabler au Suquet, repris depuis 2009 par Sébastien et Véronique Bras. Un restaurant aux mêmes valeurs et à la même inventivité que celles portées précédemment par Michel Bras. Ensuite, il m'arrive de dormir au Cap Combattut, un buron transformé en gîte au bord du lac de Saint-Andéol. Un lieu merveilleux où je savoure le silence et la beauté de ces grands espaces qui ont le goût de mon enfance.

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Quelle ville vous inspire le plus ?

New York. Même si elle a été durement touchée par le Covid-19, c'est une ville dont je ne me lasse pas. J'y ai tellement de souvenirs, notamment dans le quartier art déco du Rockefeller Center. L'architecture comme une lame effilée de cet immeuble de 70 étages, l'un des plus hauts de la ville, continue de me fasciner.

Lorsque vous fermez les yeux, quel est l'hôtel où vous rêveriez de retourner ?

L'hôtel Dar Ahlam, près de Ouarzazate, au milieu de la magnifique palmeraie de Soukara. Située aux portes du désert, cette casbah traditionnelle est un endroit exquis où aucune journée ne ressemble à la précédente. C'est aussi un formidable point de départ pour une échappée dans le Sahara.

Et quelle serait l'adresse secrète que vous ne dévoileriez qu'à vos meilleurs amis ?

La Torre del Visco, à environ deux heures et demie en voiture de Barcelone. Un boutique-hôtel niché dans une tour du XVe siècle superbement restaurée et posée au milieu d'une oliveraie et d'une amandaie bio qui nourrissent le restaurant. Un endroit rare dans un environnement rural et revitalisant.