Sur le papier, voilà un nouveau coupé compact, un créneau porteur d'un paysage automobile qui n'en compte pas beaucoup. En 3D, BMW cultive avec cette série 2, nouvelle appellation de la famille 1, sa différence sur un marché encombré: place à un dessin "tricorps" (capot-habitacle-coffre), quand la concurrence bataille autour de profils avec hayon au final très semblables. Comme les porte-à-faux avant et arrière sont très courts, la 2 propose une ligne râblée, tendue, bien en phase avec le choix de la propulsion et des motorisations, tout en préservant quatre vraies places -y compris pour adultes- accessibles sans contorsions, et un coffre volumineux et bien logeable.
Avec ce coupé 2, digne descendant des 2002 sorties en 1968 mais toujours mythiques chez les béhèmistes, la fonction plaisir s'affiche au compteur. Y compris dès l'entrée de gamme du moment, la 220d de 184 chevaux à partir de 34 300 euros tout à la fois vaillante et sobre (elle est donnée pour 4,4 l/100 km en cycle normé). Pour être honnête et à condition de disposer des liquidités, en optant pour la M235i, on change d'univers pour arriver dans un monde où l'on traduit en sensations tout ce que la technologie des ingénieurs de BMW (et leur imagination) apporte à une voiture. Pour pratiquement le même poids, on dispose de 150 chevaux de plus, pas loin du double.
Sous le capot, un moteur six cylindres qui ouvre en prime la possibilité strictement narcissique d'opérer un démarrage launch control, type départ arrêté de F1: un lancement au plus efficace de toutes les composantes mécaniques qui met bien dans l'ambiance d'un pilotage sportif. Un paradoxe ou un clin d'oeil au regard des efforts techniques développés pour réduire la consommation, tel le fait de rouler en roue libre maîtrisée dans les descentes.
Un nouveau système de différentiel
Petit volant habillé de cuir, direction très précise qui se durcit avec la vitesse et se démultiplie lors des manoeuvres en ville, combinaisons variées d'assistance électronique, de stabilité ou de freinage, nouveau système de différentiel des roues arrière qui répartit en permanence la puissance, la M235i se joue des sorties de virage serré en relançant de belles accélérations sans dérive. La position de conduite est basse, le poste de pilotage complet mais sans fioritures. La boîte de vitesses automatique à 8 rapports, moins gourmande que la boîte mécanique, se pilote aussi avec une grande précision à partir des palettes du volant. Pour le plaisir. Toujours.
