Il était une fois le roadster anglais. Star des années 60, il attirait par son style, beaucoup, par ses performances, un peu, et surtout par sa promesse de rouler cheveux au vent. Réservé aux célibataires parfois accompagnés, il se moquait souverainement de toute notion de confort. Il fit la fortune de MG et Triumph avant d'être détrôné par les GTI, plus performantes et polyvalentes. Il marqua cependant suffisamment l'histoire pour que quelques marques tentent de perpétuer la formule jusqu'à aujourd'hui. BMW fait partie de celles-là grâce à sa série des "Z" initiée à la fin des années 80.

La loi du progrès

Son dernier représentant, le Z4 semble même réaliser un véritable retour aux sources. Il abandonne en effet le toit rigide escamotable au profit d'une capote souple. Il reste fidèle au capot interminable, tandis que le conducteur est toujours assis au plus près des roues arrière. Celui qui voudrait retrouver des sensations de légèreté et de rusticité d'antan en sera cependant pour ses frais. Le Z4 est bien une auto moderne qui pousse la polyvalence aussi loin qu'il est possible pour une deux places. Souple et confortable, il dispose d'une capote si bien insonorisée qu'on en vient à oublier qu'on roule en roadster. Quand l'envie vient de la replier, le filet anti-remous interdit formellement au vent fripon d'emporter chapeau et brushing. Même plus besoin de troquer ses valises pour des sacs souples et étriqués : le coffre propose une contenance parfaitement suffisante, même en position décapotée.

Le Z4 offre les mêmes technologies que la Série 3.

Le Z4 offre les mêmes technologies que la Série 3.

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Comme au cinéma

Cet apport de civilisation n'a pas que des avantages. Converti au quatre cylindres en entrée de gamme, le Z4 est devenu presque aphone. Plus imposant que jamais, il a perdu le caractère gracile des roadsters originels. Que reste-t-il alors des sensations d'autrefois ? La position de conduite d'abord : on s'allonge presque pour s'installer à bord. La perspective, ensuite : le long capot, encadré par le pare-brise, donne l'impression de regarder la route comme au cinéma. L'équilibre du châssis enfin : on sent toujours aussi bien les réactions du train arrière, que l'on peut faire danser à la demande. Tout n'est donc pas perdu, le roadster vit encore.