Certes, la Jeep que conduit Aymeric de Gironde n'est pas très écolo, mais c'est sans doute l'un des rares engins de la propriété à rouler au diesel. Si le château Troplong Mondot a fait de l'environnement un axe central de son évolution depuis trente ans, cette volonté s'est renforcée lorsqu'Aymeric de Gironde est devenu président du directoire du premier grand cru classé de Saint-Emilion, durant les vendanges 2017. Un véritable engagement pour l'homme, mais aussi pour l'actionnaire -­ le réassureur Scor, dirigé par Denis Kessler. "Pour continuer à exister, nous devons préserver la nature, bien sûr, mais aussi les équilibres sociaux et économiques de notre environnement", explique le dirigeant.

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Replantation de haies, construction de murs en pierres sèches, viticulture écoresponsable... Tout est mis en oeuvre pour être vertueux. Le domaine vient d'ailleurs d'obtenir le statut de Silver Member de l'International Wineries for Climate Action (IWCA), quatre mois seulement après son adhésion à cette organisation non gouvernementale qui encourage les propriétés viticoles de tous les continents à agir pour le climat. Les objectifs, ambitieux, consistent à réduire significativement les émissions de carbone et à adapter la viticulture aux effets du changement climatique.

Une étoile au Michelin

"Etre membre Silver de l'IWCA nous pousse à gérer de manière encore plus durable la propriété et à limiter significativement notre impact environnemental, précise Aymeric de Gironde, qui considère cette distinction comme une incitation pérenne à l'action. Le programme est exigeant, mais c'est de l'avenir de la planète et de nos enfants qu'il est question. Nous avons tous un rôle à jouer et Troplong Mondot est très heureux de porter les convictions de l'IWCA en France pour que ce mouvement devienne général."

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En parallèle, la table du domaine, Les Belles Perdrix, qui a rouvert en 2021 après trois ans de fermeture dus à des travaux et à la pandémie, a retrouvé son macaron Michelin, assorti d'une étoile verte décernée lors du dernier palmarès. Créée en janvier 2020, cette étoile "récompense les restaurants et les chefs qui se montrent responsables de leurs normes éthiques et environnementales", selon le guide gastronomique.

De quoi ravir le chef David Charrier, qui s'attache à utiliser au maximum les produits biologiques du potager maison, lequel a pris la place d'un parking : 800 mètres carrés en permaculture, à côté de poules, de canards et de deux cochons gascons à cul noir baptisés, non sans humour, Toulouse et Morteau. Sans oublier un travail sur la diminution des ordures avec la récupération des biodéchets pour faire du compost. David Charrier s'en félicite : "Nous travaillons avec beaucoup de fournisseurs locaux qui, eux aussi, sont prêts à faire des efforts."