La saison des primeurs de bordeaux vient de s'achever. Après la semaine de dégustation, fin avril, réservée aux professionnels (acheteurs, négociants, journalistes...), les châteaux ont commencé à fixer les prix de leur millésime 2021 dès le mois de mai. "Les campagnes 2019 et 2020 ont été fortement perturbées par la crise sanitaire ; clients et critiques s'étaient peu déplacés à Bordeaux. Cette année, nous avons eu le plaisir de retrouver nos amis du monde entier, venus déguster le millésime 2021 dans un format normal, sans jauge ni distanciation", se réjouit Frédéric Faye, directeur général du château Figeac, premier grand cru classé B de Saint-Emilion.

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Si cette semaine avait le goût d'avant la pandémie, une question continue pourtant de tarauder les amateurs de vin : faut-il acheter des vins en primeur ? Pour rappel, ce système permet d'acquérir le dernier millésime produit par un domaine alors que les vins sont en cours d'élevage, et ne seront embouteillés et expédiés qu'à partir de l'automne de l'année suivante, au plus tôt. Une pratique essentiellement bordelaise, les producteurs des autres régions vendant leur millésime seulement une fois mis en bouteilles. "Cela fait quelques années que nous proposons certaines de nos cuvées en primeur sur le site Millesima, y compris nos premiers et grands crus", tempère toutefois Aurore Devillard, du château de Chamirey et du domaine des Perdrix, en Bourgogne, qui voit dans cette opération une belle mise en valeur de ses vins.

Des tarifs avantageux

Alors, pourquoi acheter des quilles que l'on pourra déguster seulement dix-huit mois plus tard ? Pour le prix, sans doute. A la fin des années 1980 et durant la décennie suivante, acheter un vin de Bordeaux en primeur constituait l'assurance de le payer bien meilleur marché que sur les étagères des cavistes. Et même, parfois, moins cher que pendant les foires aux vins de la grande distribution. L'aubaine a pris fin dans les années 2000. Il n'était pas rare que certains châteaux affichent en livrable un prix identique à celui en primeur.

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"Aujourd'hui, la situation semble plus favorable aux consommateurs, note Cyrille Jomand, cofondateur et PDG d'iDealwine.com, numéro 1 des enchères de vins en ligne. Les amateurs peuvent, à condition d'être sélectifs, réaliser de nouveau de bonnes affaires. Prenez Branaire-Ducru, quatrième grand cru classé de Saint-Julien. Le 2018 s'est vendu en primeur 39,50 euros TTC alors qu'il cote déjà 60 euros. De même, il fallait débourser 80 euros TTC pour une bouteille 2019 du château Pontet-Canet, cinquième grand cru classé de Pauillac ; elle vaut désormais 140 euros." Pierre Bérot, directeur des achats du négociant Duclot, confirme : "Les prix de la place de Bordeaux sont justes. Pour le millésime 2019, qui s'est vendu en pleine crise sanitaire, les châteaux ont baissé leurs prix de 15 à 30 %, alors qu'il n'avait rien à envier au superbe 2018." Mais, bien évidemment, rien ne dit que le 2021 suivra la même voie.

Disponibilité de formats spéciaux

Acheter un vin primeur garantit par ailleurs de... l'avoir en cave, tout simplement. C'est une évidence, mais quoi de plus frustrant que de chercher désespérément une référence en magasin alors qu'on avait la possibilité de se procurer la quantité désirée quelques mois plus tôt ? "Les primeurs permettent aussi d'acquérir le cru de votre choix dans des formats spéciaux comme les magnums ou les doubles magnums...", précise Pierre Bérot.

Reste à savoir comment les acheter. Si quelques cavistes proposent des offres ponctuelles pour leurs clients, le meilleur moyen reste encore de passer par un négociant bordelais. Les plus importants disposent d'un site marchand sur lequel il est possible de commander. Citons Château Primeur, La Vinothèque de Bordeaux, Millesima (qui propose également une très belle sélection de bourgognes), Wineandco ou Dubecq... Le site iDealwine vient aussi de lancer son service spécialisé : Primeurs.idealwine.com. Attention : lors de la finalisation de votre commande, vous ne réglerez que le prix hors taxes. Il faudra ensuite acquitter la TVA (20 %) au moment de l'expédition des vins.