La solidarité des Rousselle-Riboud
A la tête du château Roubine, Valérie Rousselle se démène avec succès, depuis trente ans, pour porter cette superbe propriété de Dracénie au pinacle des rosés de Provence. Elle bénéficie désormais du renfort de ses enfants. Adrien Riboud, 31 ans, met sa fibre artistique au service du domaine. "Il a créé les cuvées La Vie en rose et Hippy", se réjouit Valérie. Il a aussi redessiné l'habillage des bouteilles et veille sur le bar à vins Bakus, à Paris. Victoria Riboud, 25 ans, travaille avec sa mère à Lorgues "C'est mon double !", s'enthousiasme cette dernière. A la fois DRH et directrice commerciale, Victoria jongle avec les responsabilités et sa récente maternité. Quant à Noé, le petit-fils justement, il dit déjà "vigne" et "tracteur" à 17 mois... Son avenir semble tout tracé !

Valérie Rousselle, à la tête du château Roubine, entourée de ses enfants
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Les audacieux Marionnet
L'une des plus belles signatures de la Loire. A Soings-en-Sologne (Loir-et-Cher), Henry Marionnet a marqué de son empreinte le domaine familial de la Charmoise, 58 hectares plantés majoritairement de gamay (à jus blanc) et de sauvignon. La propriété est riche de ses décisions risquées : culture de vignes "franches de pied" (non greffées) ; élaboration de vins sans soufre depuis plus de trente ans ; réintroduction du romorantin et du gamay de bouze (à jus rouge), des cépages quasi disparus. Aujourd'hui, comme l'avait fait son père avec lui, Henry a laissé les commandes de l'exploitation à son fils Jean-Sébastien, tout en restant très actif. Complices et audacieux, les deux hommes partagent une appétence pour les cuvées à l'expression aromatique pure, sans fard.

Henry et Jean-Se?bastien Marionnet.
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De solides Gaillard
Grande figure du Rhône, Pierre Gaillard est un véritable passeur. Depuis son installation en 1981 au Clos de Cuminaille, à Saint-Joseph, il a créé le domaine Madeloc, à Banyuls (Roussillon), puis celui de Cottebrune, en faugères, jouant avec habileté de la partition de ces terroirs où les schistes dominent. Aujourd'hui, le vigneron partage son expérience et ses 77 hectares de vignes avec ses enfants. Après s'être formés dans des vignobles lointains - Nouvelle-Zélande, Californie, Italie, Roumanie, Grèce et Chili - ceux-ci réinterprètent l'héritage familial. Jeanne a créé un domaine en AOP crozes-hermitage, son frère Pierre-Antoine veille sur le vignoble héraultais, tandis que leur soeur Elise cultive les coteaux de la Côte Vermeille. Mais chacun vend tous les vins de la famille.

La famille Gaillard
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La soif d'entreprendre des Colombo
On n'échappe pas à son destin. Ce n'est pas Laure, la fille d'Anne et de Jean-Luc Colombo, respectivement première femme élue à la tête de l'appellation cornas et l'un des plus renommés vignerons du Rhône, qui dira le contraire. "J'ai d'abord voulu faire du commerce aux Etats-Unis, puis en Inde. Mais l'appel de l'Ardèche m'a ramenée au bercail." Diplôme d'oenologue en poche, Laure Colombo rejoint l'exploitation familiale. "Mes parents ont bâti leur domaine à partir de rien. Ils m'ont transmis le goût d'entreprendre. En 2014, j'ai acheté, avec mon compagnon Dimitri, une vieille ferme sur les hauteurs de Saint-Péray, qui est devenue le Domaine de Lorient, où nous cultivons 7 hectares de vignes." Laure travaille encore avec ses parents, heureux de partager leur expérience.

Jean-Luc et Laure Colombo au Vallon de l'Aigle
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L'engagement des Ricôme
Après un BTS viticulture-oenologie, Anaïs Ricôme a réalisé ses premières vinifications en Nouvelle-Zélande. En 2009, son père, Yves, lui demande de reprendre le domaine familial de la Croix Gratiot, à deux pas de l'étang de Thau, dans l'Hérault. "J'ai accepté, mais en posant mes conditions", indique la jeune femme. Elle restructure le vignoble et se concentre sur les blancs, notamment le cépage piquepoul, qu'elle vinifie en AOP picpoul-de-pinet, vite et bien en cuves inox, pour la gamme tradition, ou plus longuement sur lies, en cuves béton ou en jarres de terre cuite. Et quand elle a décidé de passer en biodynamie, elle a commencé par un rang, puis deux, avant que père et fille concluent un marché : "Nous avons suivi la formation ensemble. Aujourd'hui, il est plus investi que moi !"

Yves et Anaïs Ricôme
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