Une image vaut mille mots... Un pot de "miel toutes fleurs" estampillé Moët & Chandon , qui possède déjà 70 ruches dans le vignoble, montre l'implication croissante de l'entreprise en faveur de la biodiversité. Une visite au Fort Chabrol (l'institut de recherche viticole et oenologique fondé en 1900 à Epernay par Raoul et Gaston Chandon de Briailles, alors dirigeants de la société) suffit à s'en convaincre.

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Classé parmi les 14 lieux emblématiques des "Coteaux, maisons et caves de Champagne" reconnus par l'Unesco, le site appartient au riche patrimoine culturel et scientifique de Moët & Chandon, dont le vignoble est certifié Viticulture durable et Haute Valeur environnementale depuis huit ans. Mieux : tout herbicide y est proscrit depuis l'année dernière. Au fil de la visite, on découvre combien la grande maison de champagne est aussi engagée dans la viticulture de précision avec une approche parcellaire favorisée par des outils de dernière génération (applications mobiles, cartes satellitaires, produits de biocontrôle).

L'agroforesterie au programme

En ce frais matin de novembre, toutefois, l'effervescence ne se situe pas dans les laboratoires, mais à l'extérieur, au coeur des vignes. Berta de Pablos Barbier présente le projet Natura Nostra, qu'elle porte depuis son arrivée à la tête du groupe, en janvier 2021. Brodequins aux pieds, pelle à la main, l'enthousiaste présidente en détaille les ambitions : "Ce programme renforce notre volonté de préservation absolue de la nature, source originelle de nos produits. Plus qu'un engagement, c'est un devoir. Nombre d'avancées permises par la maison, comme le développement de la certification Viticulture durable en Champagne, il y a plus de dix ans, façonnent aujourd'hui les contours d'une viticulture plus responsable. Natura Nostra est un projet d'entreprise, engagé dans une démarche d'agroécologie : il vise la création de 100 kilomètres de corridors écologiques en cinq ans et le déploiement d'initiatives fortes en faveur des sols vivants."

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Et la PDG de Moët & Chandon de montrer l'exemple en participant à l'installation d'une haie de Benjes. Cet empilement de branchages morts, de feuilles et de racines sert de refuge aux oiseaux et aux petits mammifères, dont les déjections porteuses de graines d'espèces végétales environnantes transformeront ce dernier, à terme, en haie vive. L'agroforesterie permet ainsi d'établir une symbiose entre l'arbre, l'animal et les cultures.

Des haies pour relier les écosystèmes

Ce 25 novembre correspond à la Sainte-Catherine, où, selon l'adage, "tout bois prend racine". Jour choisi par Moët & Chandon pour commencer à planter 1743 arbres et arbustes (clin d'oeil à l'année de sa fondation) sur les 15 hectares du domaine. "Nous avons choisi ce lieu en raison du rôle fondamental qu'il a joué dans la lutte contre le phylloxéra au XIXe siècle et dans la formation des vignerons aux pratiques vertueuses, poursuit Berta de Pablos Barbier. Une terre symbole de résilience et de réinvention des méthodes viticoles, ancrée dans l'histoire de la région."

Cette année, les dix premiers kilomètres de haies seront créés sur les cinq vignobles de la maison. Ces trames vertes et bleues (zones humides et points d'eau) permettront de maintenir ou de reconstituer un réseau d'échanges entre écosystèmes, "afin que les espèces animales et végétales puissent, comme l'homme, circuler, s'alimenter, se reposer... et ainsi assurer leur cycle de vie naturel". L'équilibre écologique retrouvé sera également bénéfique à la régénération des sols. Et à la qualité des bulles !