Lorsque Vanessa Cherruau a acheté le château de Plaisance, en Anjou, voilà deux ans, il était déjà en bio et en biodynamie. Mais la jeune femme a souhaité pousser le bouchon plus loin avec la vitiforesterie, afin de recréer "un écosystème complet" sur la butte chauve de Chaume.
Pour ramener de la biodiversité sur ses 25 hectares, elle a entrepris de rétablir un cordon sanitaire de haies autour du domaine et de planter des alignements d'arbres sur 2 kilomètres en bordure des vignes, sacrifiant plusieurs rangs de chenin par parcelle. "C'est une transformation radicale du paysage", admet-elle.
Le savoir-faire s'est perdu
La Ligue pour la protection des oiseaux et Mission Bocage ont sélectionné des essences locales - aulnes, chênes, merisiers, noyers, tilleuls ("pas des pins maritimes !") - , dont les racines-pivots "devraient s'enfoncer dans le sol sans concurrencer celles de la vigne". Il y a aussi des pommiers, poiriers, pêchers et amandiers, "censés donner leurs fruits en décalage du raisin". Les arbres sont plantés dans le sens nord-sud "pour la fraîcheur, mais sans apporter trop d'ombre. Du moins, c'est ce que l'on espère", confie la vigneronne.
On expérimente. Le savoir-faire s'est perdu." Vanessa Cherruau, dont les chenins secs font fondre les préjugés sur les liquoreux de Chaume, veut ainsi lutter contre le ver de la grappe. Et, pour cela, quadriller le domaine avec des perchoirs plus hauts que les vignes, à 3 mètres et plus, afin de ménager des corridors de passage aux chauves-souris. A terme, elle rêve d'un chai bioclimatique pour parfaire son oasis écologique.
