Neutralité carbone chez Drappier

Forte d'une trentaine d'hectares certifiés en bio dans la Côte des Bar (Aube), la famille Drappier mène depuis 2003 un patient travail de réduction d'émissions de CO2 au cours de toutes les étapes d'élaboration de ses champagnes. Objectif : atteindre la neutralité carbone. Déjà, 75 % de l'électricité est produite sur place ­- le domaine s'est équipé de panneaux photovoltaïques et d'une pompe à chaleur - ­ et la consommation de carburant est réduite au minimum. Voitures et enjambeur électriques, bouteilles en verre recyclé fabriquées dans la Picardie voisine, étiquettes à l'encre végétale, prochaines expéditions aux Etats-Unis en voilier... Tout est pensé pour donner du sens à la démarche première : élaborer des vins respectueux de l'environnement et du consommateur.

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Un flacon vraiment vert pour Le Philtre

S'attaquer au verre pour pousser très loin le curseur vert ? Une réalité pour la vodka biologique Le Philtre. "Le verre 100 % recyclé n'existe soi-disant pas, rappelle Guillaume Rappeneau, l'associé des frères Charles et Frédéric Beigbeder. Dans les verreries, les machines tournent sans arrêt : entre deux embouteillages, elles produisent des déchets." La clef pour obtenir un verre écoresponsable ? Utiliser ces rebuts qui, en France, partent systématiquement à la poubelle. Un verrier italien a accepté de relever le défi, à condition de produire 100 000 flacons minimum, jamais de la même couleur... Une hérésie marketing ? Pas pour les fondateurs du Philtre qui en ont fait un axe de communication !

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Coupe-Roses fait de la résistance

En Minervois, dans l'Hérault, ce château est notamment conduit en agroécologie et en agroforesterie. Aussi, lorsque l'Inrae de Pech Rouge a recherché des vignerons souhaitant participer à une campagne d'essais de plantations de variétés résistantes à l'oïdium et au mildiou, le domaine familial s'est naturellement porté volontaire. Les objectifs revêtent plusieurs aspects : vérifier la résistance aux maladies, la fertilité des plants, leur adaptation climatique et pédologique, sans oublier bien sûr la qualité gustative des vins produits. Le résultat se révèle concluant pour le moment : les traitements sont limités à seulement deux passages par an, contre une bonne dizaine habituellement. On attend les prochains millésimes avec impatience !

Et vogue le château Maris!

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Installé dans le Minervois depuis 1997, Robert Eden, petit-fils d'un ancien Premier ministre britannique, multiplie les expériences pour aller plus loin vers la neutralité carbone. Pionnier dans la protection de la nature, son chai est bâti en briques de chanvre et de chaux, et il a choisi le voilier pour l'expédition de ses vins vers le New Jersey ­- 90 % de la production est exportée. A bord d'un monocoque de 24 mètres de l'entreprise Grain de Sail, les bouteilles naviguent durant un mois de Saint-Malo à Port Elizabeth. Pour Robert Eden, le surcoût de 15 % est un investissement : "Cette traversée marque le début d'une belle aventure. Nous croyons en l'avenir de ce type de transport."

N'oubliez pas le (QR) code !

Alors que le grand public aspire à mieux connaître le contenu des bouteilles de vin, les viticulteurs craignent qu'une information nue et crue effraie le consommateur. Force est de reconnaître qu'il est difficile de s'y retrouver dans la liste des additifs destinés à améliorer la conservation, la couleur, le goût, ainsi que dans les auxiliaires technologiques utilisés pour la vinification. Selon Christian Paly, président de l'Institut national de l'origine et de la qualité, "ne pas répondre à cette demande constituerait une erreur stratégique". Mais comment éviter de surcharger les étiquettes ? En instaurant un QR Code, comme le préconise la politique agricole commune. De quoi, également, inciter les vignerons à entamer une démarche RSE.