Le 17 mars dernier, l'entrée en vigueur de mesures sanitaires strictes pour lutter contre le coronavirus a en bousculé notre quotidien. Des dizaines de sondages réalisés pendant cette période inédite ont ainsi mis en lumière la manière dont le confinement a bouleversé bon nombre de nos habitudes. Morceaux choisis.
Le petit écran, star du confinement
Assignés à résidence, les Français ont passé en moyenne 4 heures 40 par jour devant le petit écran, selon les données publiées début mai par Médiamétrie. Leur besoin de se tenir informés des évolutions de l'épidémie de Covid-19 s'est notamment traduit par des pics d'audience enregistrés lors des JT de 13 heures et de 20 heures ainsi que lors des allocutions du Président de la République et du Premier Ministre. Sans surprise, les chaînes d'info en continu ont fait le plein de téléspectateurs. Côté divertissement, les films cultes, des Tontons Flingueurs ou LA Confidential, ont rencontré un franc succès auprès des téléspectateurs Français.
Le smartphone, indispensable
Si la télé a été placée au coeur des distractions, le smartphone n'a pas été en reste. Il est même devenu encore plus indispensable depuis le confinement, pour s'occuper et pour communiquer avec les siens. Une étude Ifop réalisée pour le fabricant de smartphones OPPO a révélé que 62% des Français ont consulté leur téléphone portable encore plus souvent qu'avant. Les plus fortes augmentations ont été constatées chez les femmes (+40%) et les 15-34 ans (+45%). En tête des usages, on retrouve l'utilisation des messageries, l'envoi de courriers électroniques et la navigation sur Internet, sauf chez les jeunes, pour lesquels les réseaux sociaux sont passés en priorité.
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Tous en cuisine - ou presque
Pour passer le temps tout en joignant l'utile à l'agréable, les Français ont retrouvé le chemin des fourneaux. Selon une étude Ifop pour le site Darwin Nutrition, 42% des Français ont donc consacré plus de temps à faire la cuisine.Et les ventes de certains appareils d'aide culinaires (machines à pains, yaourtières...), elles, se sont envolées.
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L'enquête menée par Odoxa-CGI pour France Info et France Bleu met en lumière des résultats semblables. Interrogés sur leurs loisirs favoris, 29 % des Français ont cité la cuisine, derrière la télévision (57%) et la navigation sur Internet (44%). L'effet confinement n'a cependant pas modifié toutes les habitudes puisque l'élaboration des repas est principalement restée une activité féminine dans 77 % des couples...
Le confinement a également eu d'autres effets sur les habitudes alimentaires. Une étude Ifop pour la plate-forme de livraison de repas Just Eat révèle que pendant cette période, 20 % des Français ont mangé plus souvent ensemble autour d'une table. Par ailleurs, 1/3 des répondants indique avoir préparé des repas 100% faits maison. Un chiffre qui grimpe à 42% chez les 18-34 ans, et 39% chez les personnes avec enfants. Leur préférence s'est portée sur les plats traditionnels, les gâteaux et desserts.
Plus de produits locaux
Soucieux de leur alimentation, les Français ont privilégié les produits sains et locaux. C'est ce qu'a pointé la dernière étude de l'Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations menée fin avril. 45 % des Français se sont davantage tournés vers les produits d'origine France et vers les circuits courts (37%). Selon Kantar, début avril, 53% des consommateurs ont favorisé les ventes directes auprès des producteurs.
En outre, de plus nombreux repas ayant été pris à la maison, le budget courses a augmenté. D'après une enquête Harris Interactive pour l'Observatoire Cetelem, 46 % des Français ont le sentiment d'avoir consacré plus d'argent qu'auparavant aux courses alimentaires.
Un retour vers le commerce de proximité
Les restrictions de déplacements et la peur d'attraper le virus ont eu raison des grandes surfaces. Selon une étude Kantar, elles ont été délaissées au profit des magasins de proximité, de la livraison à domicile et des plates-formes qui proposent la vente directe auprès de producteurs locaux. Ainsi, 58% des sondés ont préféré faire leurs courses au plus près de chez eux quand 42% ont évité les hypermarchés. Par ailleurs, 7 % des Français déclarent avoir testé le drive pour la première fois pendant le confinement.
L'apéro du soir, sacré
Même confinés, les Français sont restés attachés à une tradition : prendre l'apéritif avant de dîner. L'étude Ifop pour Darwin Nutrition rapporte même que 42 % des Français ont consacré plus de temps à l'apéro qu'auparavant. Par ailleurs, de nombreux Français ont découvert les on-nomis, pour "online drinking" (boire en ligne) et 21 % ont affirmé prendre part à des apéros-vidéos depuis le début confinement.
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Coup de frein sur les activités physiques
Malgré le boom des applications de sport et les nombreux cours donnés en live par des professionnels sur les réseaux sociaux, 8 Français sur 10 se sont dits autonomes dans leur pratique sportive. Une étude Ipsos menée pour la FFEPGV (Fédération de la Gymnastique Volontaire) indique cependant que 59 % des Français ont diminué leur activité sportive depuis le début du confinement. Seuls 16 % se sont déclarés au contraire plus actifs. Pour mémoire, l'OMS recommande à un adulte (âgé entre 18 et 64 ans) de pratiquer au moins 42 minutes d'activité physique par jour en moyenne...
Parmi les sports pratiqués par les Français durant le confinement, une étude menée par coachme.fr place le fitness en tête (32%), devant la marche à pieds, le yoga, le footing, la musculation et le vélo d'appartement.
L'hygiène corporelle en berne
Les Français confinés se seraient-ils un peu laissés aller ? C'est ce que met en lumière une étude Ifop menée mi-avril pour le site 24matins. 74 % des femmes ont indiqué procéder à une toilette complète quotidienne, contre 81 % avant le confinement. Du côté des hommes, le relâchement est encore plus notable puisque seuls 61 % de ces messieurs ont affirmé se laver tous les jours ; soit 10 points de moins que lors de la précédente période de sondage.
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+ 2,5 kg sur la balance
Plus de sédentarité, moins d'activités sportives, plus d'apéros, des repas plus sains mais aussi parfois plus riches... tous ces changements ont eu une incidence sur le poids d'une majorité de Français, selon l'étude Ifop pour le compte de Darwin Nutrition. 57% des personnes sondées admettent avoir pris du poids depuis le 17 mars dernier. Ces dernières auraient ainsi pris 2,5 kg en moyenne depuis la mise en place du confinement. Pour y remédier, un Français sur cinq envisage de faire un régime au sortir de la crise sanitaire mais, surtout, 56% des répondants envisagent de manger plus sainement dès le déconfinement.
Un sommeil perturbé
Depuis le début du confinement, qui n'a pas entendu au moins une personne de son entourage se plaindre d'insomnies. Le stress lié à la situation, mais aussi l'inactivité et la surconsommation d'écrans ont vraisemblablement eu un impact sur la qualité de nos nuits. Si l'on en croit les résultats de l'étude Coconel (pour "coronavirus" et "confinement") réalisée fin mars-début avril par l'Ifop, 74 % des Français ont reconnu avoir eu des troubles du sommeil au cours des 8 derniers jours. La moitié d'entre eux estiment qu'ils sont apparus avec le confinement, surtout chez les jeunes adultes. Pour 62 % des personnes concernées, ces troubles du sommeil ont eu un retentissement sur les activités quotidiennes.
Et demain ?
Les changements opérés pendant la quarantaine vont-ils perdurer après le déconfinement ? Vaste question. Selon la dernière enquête de l'Observatoire Cetelem avec Harris Interactive réalisée fin avril, 57 % des Français affirment que beaucoup de choses vont changer dans leur mode de vie au-delà du confinement. Ils souhaitent notamment continuer à consommer local. Pour Kantar, les prix vont redevenir un critère de choix majeur, 56 % des Français estimant qu'avec la crise, leurs revenus pourraient baisser dans les mois qui viennent.
Quant à ce qu'ils souhaitent faire "le plus vite possible" dès ce 11 mai, un sondage BVA réalisé mi-avril montre que les Français souhaitent avant tout "aller voir la famille, des proches" (64 %), mais aussi "se promener dans la rue" (52%), "recevoir des amis à la maison" (45%), "partir en week-end, en vacances en France" (39 %) et "aller chez le coiffeur" (38%). S'ils sont parfaitement conscients des enjeux du déconfinement, les Français semblent avoir soif d'un retour à la normale.
