Des scientifiques français en détention en Allemagne pour avoir squatté une voiture de sport au salon BMW à Munich ; Julia Steinberger, l'une des auteures principales du dernier rapport du Giec, qui colle sa main sur une route fréquentée de Berne, en coordination avec l'association écolo Renovate Switzerland ; Peter Kalmus, un spécialiste du climat pour la Nasa, enchaîné à la porte d'entrée du siège de la banque JPMorgan Chase à Los Angeles pour dénoncer le financement continu de projets pétroliers et gaziers... Las de multiplier les colloques et les rapports pour nous alerter sur les effets dévastateurs du réchauffement climatique, les chercheurs passent à l'offensive et se lancent, eux aussi, dans la désobéissance civile.

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"La COP27 ? Les enjeux ne sont plus là. Les accords de Paris donnent clairement la ligne et l'objectif depuis 2015. L'important maintenant est de savoir comment les Etats vont réagir. Or le compte n'y est pas", justifie Julian Carrey, enseignant-chercheur à l'Institut national des sciences appliquées de Toulouse et membre du collectif Scientifiques en rébellion.

"Prenez le méthane par exemple : des objectifs ont été mis en place pour réduire ses émissions lors de la dernière COP. Mais depuis, en France, rien n'a été fait là-dessus. Les pouvoirs publics soutiennent encore massivement l'élevage de boeuf alors que c'est la source principale d'émission", déplore le professeur. L'heure est donc à la mobilisation et à l'action, parfois en appui d'autres groupes invitant à la désobéissance civile comme Extinction Rebellion. "L'idée est de faire tache d'huile au sein du monde scientifique mais aussi de la société civile, précise Julian Carrey. Si les gens voient que les chercheurs s'y mettent, ils se diront que la situation est grave."