Comme l'a annoncé L'Express, un homme de 36 ans acquis aux thèses de l'ultradroite a été interpellé mardi matin à Limoges, dans le cadre d'une enquête ouverte le 12 mai par le parquet national antiterroriste.

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Selon une source proche du dossier, ce suspect présente un profil proche des milieux d'extrême droite et serait fasciné par les tueurs de masse. Ex-militaire, ce trentenaire, agent de sécurité à Limoges, a été récemment repéré sur les réseaux sociaux par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui a procédé mardi matin à son arrestation.

Épousant les thèses d'ultradroite et antisémites, admirateur du Norvégien Anders Brevik, il était promoteur du discours sur "le grand remplacement" et "se présentait en adorateur de Brenton Tarrant", un Australien, suprémaciste blanc, accusé d'avoir tué 51 personnes dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande en mars 2019, a rapporté cette même source.

Une page Facebook récente

Le suspect possédait une version brochée du manifeste de ce tueur intitulé "Le grand remplacement", qu'il affiche sur son profil Facebook, créé le 18 avril et non modifié depuis, comme un manifeste, souligne le quotidien local Le Populaire. Selon les premiers éléments de l'enquête, le trentenaire aurait guetté la réouverture des offices religieux pour préparer une attaque contre une synagogue.

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Le suspect avait été condamné en 2018 à cinq mois de prison avec sursis pour acquisition et détention d'arme sans autorisation, a souligné une des sources proches du dossier. Selon cette dernière, il a été interpellé mardi car ses messages sur Internet étaient de plus en plus virulents.

Cet homme se trouvait encore ce mercredi matin en garde à vue dans cette enquête ouverte pour "association de malfaiteurs terroriste", une mesure qui peut durer jusqu'à 96 heures. L'enquête doit désormais explorer son profil et "déterminer si cet homme était porteur d'un projet d'action violente", a exposé l'une des sources.

Plusieurs dossiers liés à l'ultradroite

La justice antiterroriste s'est saisie ces dernières années de plusieurs dossiers où apparaissent des suspects appartenant à la mouvance de l'ultradroite. Parmi ces dossiers figure notamment l'enquête portant sur un groupe appelé OAS et démantelé en octobre 2017. Il est soupçonné d'avoir envisagé des attaques contre le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, ou des lieux fréquentés par la communauté musulmane.

Plus récemment, une quinzaine de personnes appartenant au groupe baptisé Action des forces opérationnelles (AFO) ont été arrêtées parce qu'elles auraient cherché à commettre des violences à l'encontre de musulmans. Les enquêteurs ont également interpellé depuis 2018 six suspects appartenant au groupuscule Les Barjols, dans le cadre d'une enquête sur un possible projet d'action violente contre le président Emmanuel Macron.