Alors que depuis cinq jours consécutifs le nombre de contaminations au Covid-19 est en baisse, Santé Publique France rappelle que le taux de nouvelles hospitalisations sur sept jours continue d'augmenter. Ce qui laisse à penser que le pic de la septième vague sera bientôt atteint au sein de la population, et que, logiquement, celui des hospitalisations ne devrait pas tarder à suivre.
"Comme il est très difficile de prévoir l'évolution de cette pandémie, on ne peut pas affirmer aujourd'hui que la septième vague a atteint son pic de contaminations. Mais si c'était le cas, alors on pourrait atteindre le pic des hospitalisations dans une dizaine de jours, et celui de la mortalité vers la fin juillet - début août", explique à L'Express l'épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l'Institut de Santé Globale à l'université de médecine de Genève.
Sur les quatorze derniers jours, le nombre d'admissions en soins critiques a augmenté de 27%, tandis que le nombre de morts a, lui, bondi de 120%. Des données qui interrogent sur la capacité de résistance de l'hôpital dans les prochaines semaines. "Le système hospitalier connaîtra des tensions dans les semaines à venir mais on peut penser que les unités de soins intensifs seront moins surchargées que lors des vagues précédant Omicron", tempère Antoine Flahault, qui souligne la bonne protection vaccinale des adultes de moins de 70 ans.
Les services de gériatrie en première ligne
L'inquiétude des autorités sanitaires concerne essentiellement les personnes âgées. D'autant que début juillet, seuls 33,7% des plus de 80 ans et 26,5% des plus de 60 ans avaient reçu une seconde dose de rappel, équivalant, dans la plupart des cas, à une quatrième dose de vaccin. Si le nombre de formes sévères devait augmenter chez les personnes âgées, les services de gériatrie pourraient particulièrement souffrir, d'autant que cette population est également très concernée par les effets des épisodes de canicule.
"Le manque de personnel et les congés d'été ne faciliteront pas les choses", concède l'épidémiologiste, qui anticipe "des reports de soins non urgents dans certains départements". Mais pas de quoi céder à la panique, surtout si l'on se réfère au cas du Portugal, où le pic de la septième vague est désormais passé.
Ce pays, dont près de 95% de la population a reçu deux doses de vaccin, n'a pas connu de tsunami sanitaire, tout en possédant un système de santé moins développé qu'en France. Comme pour les autres variants, ce sont les personnes âgées qui ont le plus souffert, 90% des personnes décédées ayant plus de 70 ans.
