C'est un rapport à glisser de toute urgence entre les mains des participants à la COP 27, qui s'est ouverte ce dimanche 6 novembre en Egypte. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) publie, ce même jour, son rapport annuel provisoire sur l'état du climat en 2022, avant une version définitive début 2023. Si cette année n'apparaîtra que comme la cinquième ou la sixième année la plus chaude jamais enregistrée, en raison du phénomène "La Nina" qui refroidit temporairement des régions de l'océan Pacifique, la dynamique générale s'avère très mauvaise. Avec 1,15°C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle, la période 2015-2022 s'avère être la plus chaude depuis que des mesures sont prises, ouvrant de sombres perspectives. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont battu de nouveaux records cette année, si bien que "le seuil de 1,5°C de réchauffement fixé dans l'accord de Paris est à peine à notre portée", s'alarme le secrétaire général de l'OMM.

"C'est déjà trop tard pour de nombreux glaciers"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a, lui, réagi en qualifiant ce rapport de "chronique du chaos climatique", voyant dans les événements décrits par l'organisation "un signal de détresse envoyé par la planète". Ces derniers mois, les événements climatiques extrêmes se sont en effet multipliés. Les incendies et les épisodes de sécheresse ont rythmé la période estivale, faisant fondre des glaciers, comme ce fut le cas au plus haut sommet des Alpes italiennes au début du mois de juillet.

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La fonte accélérée des calottes glaciaires a entraîné une élévation record du niveau des océans en 2022, avec une augmentation de 10 mm depuis janvier 2020, soit 10% de la hausse enregistrée depuis le début des mesures effectuées par satellite, en 1993. "C'est déjà trop tard pour de nombreux glaciers et la fonte va se poursuivre pendant des centaines voire des milliers d'années, avec des conséquences majeures sur l'approvisionnement en eau", estime le patron de l'Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas.

Tous les continents subissent les effets de ces dérèglements : pluies diluviennes au Pakistan, forte sécheresse en Afrique de l'Est, cyclones en Afrique australe... Des phénomènes qui, selon le climatologue Friederike Otto, interrogé par l'AFP, "n'auraient pas été aussi graves sans le changement climatique". Et alors que la science a prouvé que chaque dixième de degré multiplie les phénomènes catastrophiques, Petteri Taalas estime que limiter le réchauffement à 1,5°C est désormais une question de "survie". La COP27 apparaît donc, aux yeux de l'OMM, comme le moment tout trouvé pour "brûler les oeillères" qui nous empêchent de voir à long terme.