Les voyants de l'épidémie repassent dans le rouge. Pendant que les regards se portent sur la guerre en Ukraine ou sur l'élection présidentielle en France, le virus poursuit sa progression alors que les Français ne sont plus obligés de porter le masque - sauf dans les transports - depuis le 14 mars dernier. Une mesure levée trop tôt, estiment de nombreux spécialistes, alors que les indicateurs montés à des niveaux records fin janvier, notamment les contaminations à cause de la contagiosité d'Omicron, ne sont jamais redescendus très bas.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a également estimé que plusieurs pays européens, dont la France, ont levé trop "brutalement" leurs mesures anti-Covid et se retrouvent confrontés à une nette remontée des cas sous l'effet du sous-variant BA.2. Le directeur de l'OMS en Europe, Hans Kluge, s'est dit "vigilant" sur la situation épidémique actuelle sur le continent, tout en affirmant rester "optimiste".
Une vague de contaminations liée au BA.2
Avec le sous-variant BA.2 "qui profite de la situation pour se répandre et supplanter BA.1 en Europe", "nous assistons à une recrudescence épidémique avec un variant qui s'avère plus transmissible et peut-être plus pathogène", expliquait à L'Express le 21 mars, Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 de l'Académie nationale de médecine.
Depuis le début du mois de mars, la courbe des contaminations remonte en France pour atteindre 98 928 nouveaux cas quotidiens en moyenne sur sept jours, selon les chiffres publiés mardi 22 mars par les autorités sanitaires.
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Le taux d'incidence augmente partout et chez toutes les générations
"On entre actuellement dans une nouvelle vague liée à la croissance du variant BA.2 d'Omicron, quand la précédente était liée au variant BA.1", ajoutait pour sa part auprès de L'Express Etienne Decroly, virologue à l'université d'Aix-Marseille. Le taux d'incidence, qui calcule le nombre de cas pour 100 000 habitants, retrouve des niveaux records et sur tout le territoire.
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Alors qu'encore quelques départements affichaient un taux à la baisse il y a encore une semaine, ils sont désormais tous dans le rouge. Le Finistère détient la place du département avec le plus fort taux d'incidence à 1559,75 cas pour 100 000 habitants. Sans prendre en compte les territoires d'Outre-mer, c'est la Seine-Saint-Denis qui s'en sort le mieux avec un taux d'incidence malgré tout élevé : 376,25 cas pour 100 000 habitants. Cela reste largement supérieur à la limite fixée à 50 pour le seuil d'alerte par le gouvernement cet été. Au niveau national, le taux d'incidence est de 928 cas pour 100 000 habitants.
L'indicateur touche tous les départements, mais aussi tous les âges de la population. Il est en effet en train de remonter dans toutes les tranches d'âge pour atteindre des niveaux à peu près équivalents compris entre 700 et plus de 1000.
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Lors du pic de la précédente vague, ce sont les 10-19 ans qui ont vu leur taux d'incidence atteindre les plus hauts niveaux avec un pic à 6816 la semaine du 16 au 22 janvier.
Les hospitalisations ne baissent plus
En France comme ailleurs en Europe, la cinquième vague de Covid-19 n'en finit pas : ce qui préoccupe désormais, en plus des contaminations, ce sont les hospitalisations, qui ne baissent plus, relançant les critiques sur une levée prématurée des mesures par le gouvernement.
Selon Catherine Hill, épidémiologiste et biostatisticienne, le nombre d'entrées à l'hôpital, en soins intensifs et le nombre de décès "sont les indicateurs les plus fiables" pour surveiller l'épidémie. Et ils montrent "que l'épidémie est en train de repartir."
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Les hôpitaux accueillent au total 20 742 malades du Covid (dont 1562 nouveaux patients), contre 20 919 patients le 15 mars, marquant ainsi un ralentissement de la baisse du nombre de personnes hospitalisées.
