Les vagues de contaminations au Covid-19 se succèdent en Europe. En France, depuis que le pic de la 7e vague a été atteint, l'épidémie de continue de ralentir. En une semaine, les hospitalisations ont baissé (-34%), y compris pour les seuls soins critiques (-29%), tandis que 33 799 cas ont été détectés jeudi, contre plus de 50 000 une semaine plus tôt.

Afin d'anticiper une possible recrudescence de l'épidémie ces prochains mois, l'Union européenne entend compléter la gamme de vaccins à la disposition des pays membres pour "garantir un niveau de préparation maximal à l'approche des mois d'automne et d'hiver", a expliqué la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, citée dans un communiqué. "Une augmentation de la vaccination et de l'administration de doses de rappel s'avérera essentielle dans les prochains mois", a-t-elle ajouté.

La Commission européenne a annoncé, mardi 2 août, la signature d'un contrat pour acquérir jusqu'à 250 millions de doses du vaccin anti-Covid développé par la firme pharmaceutique espagnole Hipra, qui attend encore son homologation par le régulateur européen. L'Express fait le point sur les différents vaccins qui devraient arriver sur le marché, et ceux qui sont déjà présents.

Le vaccin de la firme espagnole Hipra

Le vaccin développé par Hipra, décrit comme "un vaccin bivalent à protéine recombinante", est en cours d'évaluation par l'Agence européenne des médicaments (EMA) basée aux Pays-Bas. Fabriqué à partir des variants Alpha et Bêta, il est conçu comme dose de rappel pour les personnes âgées de 16 ans ou plus, précise la Commission européenne. Ce vaccin est conservé à l'état réfrigéré, entre 2 et 8° C, ce qui facilite son stockage et sa distribution en Europe et dans le monde entier.

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Dans un communiqué paru le 19 juillet, Hipra assure qu'une "augmentation des anticorps neutralisants contre Omicron BA.2, BA.4 et BA.5 a été observée 14 jours après l'administration du vaccin en dose de rappel chez les participants préalablement vaccinés" avec deux doses de vaccin Pfizer/BioNTech ou Moderna. On ne dispose toutefois pas encore de taux d'efficacité plus précis, que ce soit contre l'infection ou contre les formes graves. Si ce vaccin reçoit une autorisation de mise sur le marché, les quatorze pays de l'UE qui participent à la passation conjointe de marché seront en mesure de l'acheter par l'intermédiaire du contrat-cadre déjà en place.

Le vaccin Sanofi-GSK

Sanofi développe un vaccin à protéine recombinante, qui utilise la protéine Spike (la spicule) du virus comme antigène pour aider l'organisme à le reconnaître. Le laboratoire français, qui n'a toujours pas commercialisé de vaccin contre le Covid-19, a enregistré des résultats encourageants pour ce candidat-vaccin nouvelle génération utilisé comme dose de rappel contre le Covid-19 lors de deux essais cliniques sur ce sérum qu'il développe conjointement avec le britannique GSK, a-t-il annoncé le 13 juin.

Les données d'une étude de phase III (la dernière avant la mise sur le marché) sur le candidat-vaccin montrent qu'il a induit une "augmentation significative" des concentrations d'anticorps neutralisants, comparativement aux concentrations précédant l'administration de la dose de rappel, précise Sanofi dans son communiqué. Cette augmentation de la défense immunitaire s'est confirmée "contre de multiples variants préoccupants" chez des adultes primo-vaccinés par des vaccins à ARN messager, les vaccins mis au point par Pfizer/BioNTech et Moderna.

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Les données préliminaires montrent une augmentation de 40 fois des concentrations d'anticorps neutralisants contre la sous-lignée BA.1 du variant Omicron. En outre, souligne Sanofi, le candidat-vaccin de rappel nouvelle génération a doublé le nombre d'anticorps neutralisants contre les sous-lignées BA.1 et BA.2 d'Omicron, comparativement au vaccin de rappel basé sur la souche originelle du virus.

Dans un communiqué publié le 24 juin, le groupe français a affirmé qu'une dose de rappel de son vaccin s'est révélée efficace à hauteur de 72% (intervalle de confiance entre 45,8 et 86,6%) contre les formes symptomatiques avec le variant Omicron. Chez les personnes ayant déjà eu le Covid-19 et bénéficiant donc aussi d'une immunité "naturelle", cette protection montait à 93,2% (intervalle de confiance entre 73,2% et 99,2%). Cette étude n'a toutefois pas porté sur le sous-lignage BA.5 du variant Omicron, ultra-majoritaire en France, mais l'efficacité des vaccins actuels semble similaire contre chaque sous-variant d'Omicron.

Alors que ce vaccin fait l'objet d'un examen en continu depuis juillet 2021, Sanofi a déposé une demande d'autorisation de mise sur le marché auprès de l'EMA en mars 2022. Sanofi et GSK ont développé ce nouveau candidat-vaccin de rappel parallèlement aux évaluations réglementaires dont fait actuellement l'objet leur candidat-vaccin de première génération.

Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna adaptés à Omicron

L'Agence européenne des médicaments a annoncé, le 15 juin, le lancement de la procédure d'examen d'une version modifiée du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer afin de mieux protéger contre des variants spécifiques du virus, principalement Omicron. Il est fabriqué à partir de la souche d'origine du virus et du variant BA.1 dans un premier temps, rappelle Le Parisien. Ce vaccin dit "adapté" a entraîné "des réponses d'anticorps neutralisants nettement plus élevées contre Omicron BA.1" que celui actuellement utilisé, d'après un communiqué de Pfizer paru le 25 juin. En revanche, l'impact est moindre contre BA.5 que contre BA.1, avec des titres d'anticorps trois fois inférieurs.

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Pfizer et son partenaire BioNTech ont annoncé, le 19 juillet, avoir transmis leurs données à l'EMA. Trois jours plus tard, celle-ci a fait savoir qu'elle avait débuté son évaluation. L'examen continu de l'EMA se poursuivra jusqu'à ce qu'il y ait suffisamment de données pour une demande officielle de commercialisation du médicament au sein de l'UE, avait déclaré l'EMA le 15 juin.

Moderna a également lancé la procédure d'examen d'une version modifiée du vaccin contre le Covid-19 afin, là encore, de mieux protéger contre le variant Omicron. Parmi les participants n'ayant jamais eu le Covid-19, le vaccin adapté à Omicron BA.1 "a entraîné des titres neutralisants significativement plus élevés contre BA.4/5 par rapport (à celui) actuellement autorisé", a avancé Moderna dans un communiqué publié le 11 juillet. Au bout d'un mois, ceux-ci étaient quasiment deux fois plus élevés. Concernant l'autre candidat vaccin bivalent, basé sur la souche d'origine du virus et, cette fois, sur le variant Omicron BA.5, on ne dispose pas encore de données, rappelle Le Parisien. Comme celui de Pfizer/BioNTech, les vaccins adaptés de Moderna font officiellement l'objet d'une évaluation de l'EMA depuis le 22 juillet.

Les six autres vaccins approuvés au sein de l'UE

A ce jour, l'EMA a approuvé l'usage de six vaccins au sein de l'Union européenne : les vaccins à ARN messager des groupes américains Pfizer et Moderna, ceux du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et de son concurrent américain Johnson & Johnson, qui ont recours à un vecteur viral, le vaccin Novavax ainsi que Valneva.

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Le 24 juin dernier, la Commission européenne avait autorisé le vaccin de la biotech franco-autrichienne Valneva, au lendemain du feu vert de l'Agence européenne des médicaments. Le vaccin inactivé de Valneva a été autorisé pour une utilisation comme primovaccination chez les adultes âgés de 18 à 50 ans. VLA2001 est le premier vaccin approuvé en Europe utilisant la technologie traditionnelle du virus inactivé qui pourrait, selon la biotech, convaincre les non-vaccinés réticents à la technologie plus récente de l'ARN messager.

Mais Valneva a multiplié les déboires avec son vaccin : en septembre 2021, le gouvernement britannique, qui lui avait passé commande pour 100 millions de doses, a résilié son contrat. Une déception pour l'entreprise qui avait fait chuter son cours de Bourse. Nouveau coup dur le 20 juillet dernier quand l'Union européenne a réduit massivement sa commande, à 1,25 million de doses, loin des 60 millions de doses prévues par le contrat initial, conduisant la biotech à suspendre sa production. La biotech se donne jusqu'à la fin de l'été pour trouver de nouvelles commandes, afin de déterminer l'avenir de son programme.