Masque dès 6 ans, télétravail, isolement, consommation dans les bars, dans les trains, retour des jauges... Le gouvernement a fait plusieurs ajustements sur les règles sanitaires à suivre et ils entrent en vigueur à partir de ce lundi. Face au "raz-de-marée" Omicron désormais majoritaire en France, où les autorités sanitaires ont enregistré samedi 219 126 nouveaux cas, et un Français sur 100 a été contaminé par le Covid-19 cette semaine, le retour de certaines nouvelles mesures s'est imposé.

Des restrictions inédites ont également été décidées afin de réduire les risques de saturations des services hospitaliers alors que le nombre d'hospitalisations a de nouveau progressé ces dernières 24 heures, avec 18 811 patients au total selon les chiffres publiés samedi par Santé publique France.

Retour du télétravail

A commencer par le retour du télétravail. Dès lundi, les salariés concernés devront travailler de chez eux au moins trois jours par semaine. Et le gouvernement souhaite punir les entreprises récalcitrantes à sa mise en oeuvre d'une amende administrative allant jusqu'à 1000 euros par salarié, dans la limite de 50 000 euros.

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Le premier ministre Jean Castex est allé un peu plus loin en annonçant l'obligation de porter le télétravail à trois ou quatre jours par semaine, "pour tous les salariés pour lesquels il est possible", pour une durée de trois semaines.

Assouplissement de l'isolement

Paradoxalement, l'explosion du nombre de cas de Covid-19 pousse le gouvernement à assouplir certaines règles d'isolement en cas de contamination ou de cas contact. En effet, la règle en vigueur, qui veut que les personnes positives complètement vaccinées doivent s'isoler pendant dix jours, fait craindre un trop fort taux d'absentéisme dans le monde du travail, et un ralentissement de la vie socio-économique.

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C'est pourquoi la période est réduite à sept jours, et pourra être levée au bout de cinq jours en cas de test négatif. Par ailleurs, dès lundi, il n'y aura plus de quarantaine pour les personnes cas contact disposant d'un schéma vaccinal complet.

Les personnes cas contact devront par ailleurs "appliquer de manière stricte les mesures barrières, notamment le port du masque en intérieur et en extérieur", et télétravailler "dans la mesure du possible", précise le ministère dans un communiqué.

Le masque dès 6 ans

Le protocole sanitaire à l'école reste presque inchangé pour cette rentrée de janvier. Seule évolution : le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a décidé le renforcement de la politique de "contact tracing", qui soumettra les élèves à trois tests en quatre jours s'il y a un positif dans la classe. "Ce qui change, c'est que désormais, quand la famille fera le premier test, elle recevra en pharmacie deux autotests gratuits, pour que les élèves se testent à nouveau à la maison à J+2 et à J+4", a indiqué le ministre, dans un entretien au Parisien dimanche soir.

Hors des établissements scolaires, les enfants vont également être soumis à une nouvelle règle : porter le masque dès l'âge de six ans dans certains lieux publics, comme les transports intérieurs, ainsi que dans les lieux recevant du public. Cette obligation, qui concernait jusqu'à présent les enfants à partir de 11 ans, va s'appliquer dans les transports collectifs, bateaux, avions et véhicules (dont les taxis et VTC), ainsi que dans les gares, stations de transports publics et aérogares, précise le décret.

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La même obligation va s'appliquer aussi dans les bâtiments recevant du public (ERP), salles d'auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usages multiples, établissements sportifs couverts, établissements de plein air, chapiteaux, établissements de culte, musées, bibliothèques et centres de documentation, magasins et centres commerciaux, marchés couverts, salles d'exposition, administrations, banques ainsi que dans les espaces permettant des regroupements dans des hôtels et établissements d'hébergement.

Retour du masque en extérieur

Depuis la semaine dernière, l'obligation du port du masque dans la rue fait son grand retour dans de nombreuses communes françaises. Après la Savoie et la Haute-Savoie, le port du masque est désormais obligatoire dans les centres-villes de la plupart des stations de ski de l'Isère et des Hautes-Alpes depuis vendredi. Pour les récalcitrantes, dès lundi, le port du masque redevient obligatoire dans tous les centres-villes de France, conformément aux annonces du Premier ministre lundi dernier.

Nouvelles règles de consommation

Pour endiguer la vague de contaminations, le gouvernement entend également jouer sur la transmission dans les lieux clos, et en particulier les bars et les trains. Dès ce lundi, il sera alors interdit de consommer debout dans les bars et les cafés.

Par ailleurs, "la consommation de boissons et d'aliments sera interdite dans tous les cinémas, les théâtres, les équipements sportifs et les transports collectifs, y compris longue distance", a annoncé Jean Castex la semaine dernière.

Il sera également prohibé de boire et de manger dans des lieux publics comme les transports collectifs, comme les trains, y compris longue distance.

Rassemblements limités

Pour freiner la propagation du virus, les rassemblements seront limités dès lundi à 2000 personnes en intérieur et à 5000 en extérieur, y compris dans les enceintes sportives. "Les concerts debout seront interdits", a précisé Jean Castex.

Fermeture prolongée pour les discothèques

Les discothèques, qui ont été fermées pour un mois le 10 décembre pour faire face à la situation sanitaire, resteront fermées trois semaines supplémentaires en janvier, a déclaré mercredi le ministre délégué chargé du Tourisme et des PME, Jean-Baptiste Lemoyne.

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"Le 3 janvier comme les autres secteurs qui ont été annoncés par le Premier ministre, pour trois semaines il y aura la reconduction de la fermeture qui les concernait", a annoncé Jean-Baptiste Lemoyne sur France Inter, levant enfin le doute qui persistait sur les boîtes de nuit depuis les annonces de lundi soir de Jean Castex concernant d'autres secteurs.

"Les secteurs économiques impactés par les décisions que la situation nous commande de prendre seront indemnisés dans le cadre de concertations qui seront sans délai conduites par le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire", avait indiqué Jean Castex.