A quand la huitième vague ? Le ministre de la Santé a prévenu mercredi 10 août, au micro de RTL, qu'il s'attendait à un prochain épisode épidémique "probablement à l'automne". "On en a pas fini avec ce virus", regrette François Braun, qui craint des mutations de plus en plus dangereuses.

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Pour le moment, l'ancien médecin urgentiste l'assure : il y a "une évolution plutôt favorable, avec un virus plus contagieux mais moins dangereux" : "Nous avons moins de 30 000 contaminations par jour, nous étions à 200 000 au moment du pic." Le 10 août, 27 081 nouveaux cas ont ainsi été enregistrés, soit une baisse de 30% en une semaine, d'après Santé publique France.

Le pic semble également avoir été franchi du point de vue des décès : le 10 août, 87 personnes sont mortes des suites du Covid-19, contre 174 le 18 juillet. Même constat du côté des hôpitaux où il y a de moins en moins de personnes hospitalisées pour cause de Covid-19.

Une risque de résurgence à l'automne

Cette tendance reste à surveiller. Le Conseil scientifique, dans son avis du 19 juillet, envisage des "pics de circulation des virus à court terme", notamment "associés à l'émergence de nouveaux variants, plus accentuées en période automno-hivernale". Pour l'instant, il ne peut prédire quel variant sera dominant à la rentrée, mais espère que l'immunité de la population acquise à la fois par le vaccin et par les précédentes infections permettra "une protection croissante contre les formes graves".

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Il s'agissait d'ailleurs du dernier avis de cette instance, qui, pendant deux ans et demi, a guidé l'exécutif dans ses décisions sanitaires. Un comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires a pris sa place le 1er août. Le 27 juillet sur FranceInfo, François Braun en a esquissé les premiers contours : ce sera une "équipe commando de scientifiques de très haut niveau", qui restera "indépendante, transparente dans ses avis et extrêmement réactive". Ses 19 membres seront connus "dans les prochains jours". Ils devront notamment aider le gouvernement à préparer une nouvelle campagne de vaccination dans les mois à venir. "Pour l'instant, l'avis est de vacciner les plus fragiles, donc je suis cet avis. Si on devait passer à une vaccination plus large selon les autorités scientifiques, nous le ferons", affirme aujourd'hui le ministre.

En juillet, la deuxième dose de rappel a été étendue aux adultes de 18 à 60 ans à risque de forme grave et à leur entourage, ainsi qu'aux femmes enceintes. Aujourd'hui, 80,4% de la population, touts âges confondus, ont bénéficié d'une vaccination complète avec une dose de rappel, selon Santé publique France. Pour autant, la quatrième dose ne connait pas un franc succès dans l'Hexagone : seuls 5 millions de personnes ont franchi le pas.

Dans l'objectif de faire bouger cette tendance, le gouvernement peut compter sur la Commission européenne qui a réservé auprès de la biotech américaine Moderna 15 millions de doses supplémentaires de la nouvelle version de son vaccin. Ce dernier a été modifié pour s'adapter au variant Omicron. Cet accord reste suspendu au feu vert des régulateurs européens.