"Le pire est derrière nous", a affirmé mercredi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran. Les indicateurs épidémiques montrent en effet une amorce de ralentissement de la pandémie de Covid-19 en France, laissant espérer que le pic de la cinquième vague a été atteint.

"Au niveau national, le ralentissement du taux d'incidence observé cette semaine est en faveur du passage du pic de la 5e vague. Pour autant, le niveau de circulation du virus reste élevé dans certaines classes d'âge, et son hétérogénéité en région nous invite à la prudence", a nuancé pour sa part Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France. En effet, il y a "des signes encourageants, mais une très, très grande prudence" s'impose, a aussi insisté vendredi l'agence de santé.

Le Sud-Ouest et l'Ouest dans le rouge

Certaines régions ne connaissent pas l'embellie observée au niveau national, et notamment les départements de la Nouvelle-Aquitaine. Dans le Sud-Ouest, et dans l'ouest de la France, les niveaux du taux d'incidence observés sont supérieurs aux autres départements et surtout au taux d'incidence national. Ainsi, les Pyrénées-Atlantiques enregistrent un taux à 4194, contre 1345 en Seine-Saint-Denis.

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Par rapport au niveau national, il y a aussi un gros décalage. Si la moyenne sur le territoire a culminé à 3777, fin janvier il redescend depuis le début du mois de février à 3132, contre 3831 en Nouvelle-Aquitaine.

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La région enregistre par ailleurs un taux de positivité, taux qui calcule la proportion de tests positifs dans l'ensemble des tests, supérieur à la moyenne nationale (33,8%) et au-dessus de toutes les autres régions avec un taux à 38,4%, selon les derniers chiffres publiés samedi.

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Une vague qui se déplace

Faut-il pour autant s'en inquiéter ? Pas forcément répondent différents scientifiques au Figaro. "Régionaliser le Covid ne fait qu'embrouiller les choses" et "le virus circule partout", pointe ainsi l'épidémiologiste Catherine Hill, interrogée par le quotidien. "La région est un peu décalée avec le reste de la France probablement parce que le variant Omicron y est arrivé plus tard. C'est exactement comme lorsque la France avait deux semaines de retard sur l'Angleterre en décembre dernier : le pays a été touché plus tardivement, il était décalé", explique-t-elle.

"C'est une vague au sens littéral du terme, qui se déplace sur le territoire avec différentes temporalités et le plus souvent d'Est en Ouest, assure la spécialiste. Ainsi, la vague a frappé l'Ile-de-France autour du 10 janvier et il est logique qu'elle atteigne d'autres régions plusieurs jours voire semaines après", constate également Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

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La présence du variant Omicron et de sa temporalité différente par rapport aux précédentes souches du virus présentes sur le territoire entre également dans l'équation. Benjamin Davido explique ainsi qu'avec Omicron, les repères "ne sont plus les mêmes : la durée d'incubation n'est que de 3 jours et les formes hospitalières se déclarent, elles, après le 12e jour". Des repères qui pourraient encore évoluer avec l'émergence de sous-variants comme BA.2 qui suscite effectivement la plus grande attention des autorités sanitaires. Ce sous-variant d'Omicron, probablement plus contagieux, continue ainsi de progresser en France : il représentait 2% des séquençages la troisième semaine de janvier, contre 0,2% deux semaines plus tôt.

Ce qu'il faut alors surveiller selon l'infectiologue, c'est davantage les répercussions sur l'hôpital. Et pour le moment, la Nouvelle-Aquitaine ne fait pas partie des régions les plus touchées à ce niveau. La région enregistre en effet une tension hospitalière à 57%, loin derrière sa voisine, l'Occitanie, où la tension hospitalière est de 81%.