Le sous-variant est surnommé "Centaure" et il inquiète déjà les autorités sanitaires. Un premier cas de contamination au BA.2.75 d'Omicron a été détecté aux Pays-Bas dans un échantillon datant du 26 juin, a annoncé ce mercredi 13 juillet l'Institut néerlandais pour la Santé publique et l'Environnement (RIVM).

"Le variant BA.2.75 du coronavirus", déjà détecté entre autres en Inde, Australie, au Japon, au Canada, aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, "a maintenant également été identifié aux Pays-Bas", a déclaré le RIVM dans un communiqué. L'échantillon en question aux Pays-Bas provient de la province de Gueldre (nord-ouest), et a été prélevé le 26 juin 2022, précise le RIVM, qui regardera si une recherche de source est possible et "suit de près la situation".

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Au Royaume-Uni, observe le Guardian, les cas du sous-variant "Centaure" ont fortement augmenté depuis son apparition, et apparemment plus rapidement que ceux du sous-variant BA.5 déjà lui-même extrêmement transmissible.

"Il se développe clairement assez bien en Inde, mais l'Inde n'a pas beaucoup de BA.5", précise Tom Peacock, virologue à l'Imperial College de Londres, auprès du quotidien britannique. "Après s'être rapidement propagé en Inde, on devrait le voir se répandre dans le monde entier à grande vitesse en cette période de vacances", estime de son côté Geert Molenberghs, biostatisticien belge, dans les colonnes du Nieuwsblad.

Un variant qui présente "beaucoup de mutations de pointe"

Si "l'on sait peu de choses sur le BA.2.75", note l'Institut néerlandais, ce sous-variant "semble également pouvoir contourner plus facilement la défense construite contre le coronavirus SARS-CoV-2 grâce à de petits changements spécifiques". Tom Peacock avait tweeté fin juin que BA.2.75 valait "la peine d'être surveillé" car il contient "beaucoup de mutations de pointe". Ce "variant probable de deuxième génération", avec une "apparente croissance rapide" dispose d'une "large diffusion géographique". "Cela pourrait signifier qu'il a eu la chance de développer un avantage sur une lignée virale déjà réussie, déclare au Guardian le Dr Stephen Griffin, virologue à l'Université de Leeds.

Interrogé par le quotidien britannique, le Dr Tom Peacock, qui a été le premier à identifier Omicron comme un problème potentiel en novembre 2021, précise qu'il "ne s'agit pas tant des mutations en soi mais de leur nombre et de leurs combinaisons. Il est difficile de prévoir l'effet de l'apparition conjointe de tant de mutations - cela donne en quelque sorte au virus une carte blanche où la somme des parties s'avérerait plus néfaste que ces parties prises individuellement."

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Pour le virologue anglais, "Centaure" est "définitivement un candidat potentiel pour la suite après le sous-variant BA.5". BA.2.75 a été répertorié le 7 juillet par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) comme un "variant sous surveillance".

La scientifique en chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Soumya Swaminathan, a souligné la semaine dernière qu'il y a "encore des séquences limitées" pour les analyses, mais indiqué que le sous-variant semble avoir quelques "mutations sur le domaine de liaison au récepteur de la protéine de pointe (...) un élément clé du virus qui se fixe aux récepteurs humains". "Il est encore trop tôt pour savoir si ce sous-variant a des propriétés d'évasion immunitaire supplémentaire ou même d'être plus sévère sur le plan clinique - nous ne le savons pas", avait-elle insisté, tout en assurant que l'OMS suit la situation.