Les premières estimations concernant Omicron et les passages en soins intensifs semblent se confirmer avec le temps. Les patients atteints de Covid-19 restent moins longtemps à l'hôpital et sont moins envoyés en réanimation quand ils sont infectés au variant détecté en novembre en Afrique du Sud, devenu largement majoritaire en France ces dernières semaines, a rapporté lundi le ministre de la Santé, Olivier Véran. Par rapport à ses prédécesseurs, Omicron "donne moins de détresse respiratoire, donc il envoie moins les patients en réanimation", a déclaré le ministre lors d'une audition devant les sénateurs.

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Apparu fin 2021, Omicron a provoqué une explosion des cas de Covid en France, comme dans de nombreux autres pays, à cause d'une contagiosité bien plus élevée que les précédentes incarnations du virus. Mais il se montre aussi clairement moins dangereux, même s'il est encore difficile de déterminer avec certitude pourquoi - ce variant se confrontant à des populations déjà vaccinées ou infectées, et donc partiellement protégées - et dans quelle mesure cette moindre sévérité compensera l'explosion des cas.

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L'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a étudié la part du variant Delta et du variant Omicron chez les nouveaux patients hospitalisés dans ses services pour Covid-19 entre le 1er décembre et le 4 janvier, en soins critiques et en hospitalisation conventionnelle. Ces données concernent 3112 patients : 491 patients hospitalisés en soins critiques et 2621 patients pris en charge en hospitalisation conventionnelle.

Moins de séjours à l'hôpital, moins de cas graves

Les "patients infectés par Omicron restent très minoritaires en soins critiques, avec, en moyenne sur la dernière semaine de 2021, environ 19% d'entrants quotidiens avec Omicron en soins critiques et 54% en hospitalisation conventionnelle", confirment alors dans un communiqué publié lundi les hôpitaux de Paris.

Sur les graphiques ci-dessous, le rouge correspond au variant Omicron, le bleu au variant Delta, et le vert est utilisé pour les patients positifs pour lesquels le variant n'a pas pu être déterminé.

Omicron engendre moins de cas graves à l'hôpital

Omicron engendre moins de cas graves à l'hôpital

© / AP-HP (capture d'écran)

Par ailleurs, leur étude confirme que les séjours sont moins longs à l'hôpital lorsque les patients sont infectés par le variant découvert en Afrique du Sud. "Pour les patients en hospitalisation conventionnelle, les séjours de courte durée représentent 19% des séjours pour les patients entrants infectés par Delta et 43% pour les patients entrants infectés par Omicron", poursuit l'AP-HP.

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Ainsi, "pour cette population de patients, et pour la période étudiée, la probabilité d'avoir recours aux soins critiques (soit directement, soit après un passage par l'hospitalisation conventionnelle) est trois fois plus élevée chez les patients infectés par le variant Delta que par le variant Omicron", affirme l'étude.

Moins de risques d'aller en soins critiques avec l'Omicron

Moins de risques d'aller en soins critiques avec l'Omicron

© / AP-HP (capture d'écran)

Omicron provoque tout de même "des syndromes grippaux assez forts" et entraîne, comme les précédentes versions du virus, "une augmentation conséquente des hospitalisations", a prévenu Olivier Véran, avec des formes graves et même létales. Mais "nous savons avec suffisamment de recul désormais (que les séjours sont) plus courts qu'avec les variants précédents", a-t-il noté, remarquant qu'Omicron paraît plutôt affecter les parties hautes des voies respiratoires (et touche donc moins les poumons que d'autres variants). Les patients hospitalisés "vont avoir des besoins en oxygène de trois-quatre jours et (...) ensuite vont pouvoir sortir", a détaillé le ministre.

La durée des hospitalisations Covid est un enjeu crucial pour mesurer à quel point le système de santé risque d'être saturé alors que la vague d'Omicron ne donne pour l'heure pas de signe d'accalmie en France. Sur ce plan, Olivier Véran s'est abstenu de s'avancer sur la date d'un pic éventuel mais a remarqué que des signes encourageants venaient du Royaume-Uni, où Omicron s'est répandu avant la France. "Dans la région londonienne, là où il a frappé en premier, il baisse", a noté le ministre citant aussi l'Afrique du Sud, l'un des premiers pays où Omicron a été repéré, et où la vague liée au variant semble désormais passée.