La reprise de l'épidémie de Covid-19 se confirme en France. Le taux de reproduction du virus, le fameux R, est passé au-dessus de 1, le signal robuste que l'épidémie progresse. Le nombre de nouveaux cas augmente : 51 816 cas positifs ont été recensés en 24 heures mardi 20 septembre, contre 41 850 il y a une semaine, soit +23,8%. La moyenne glissante est proche de 30 000 cas par jour, et elle est en hausse de 47% sur une semaine.
Dans l'arsenal de lutte contre le coronavirus, les autorités sanitaires disposent désormais de vaccins de dernière génération, adaptés aux nouveaux variants. En France, la Haute autorité de santé (HAS) a donné mardi son feu vert à trois vaccins de dernière génération, adaptés à Omicron, pour une nouvelle campagne de rappel à l'automne, couplée à celle contre la grippe.
Le point sur la vaccination en France, à l'aube d'une possible huitième vague, en raison d'un déclin immunitaire dans une population qui a parfois été contaminée ou a reçu son dernier vaccin il y a de nombreux mois.
Qui peut se faire vacciner ?
Les personnes âgées de 60 ans ou plus, et les moins de 60 ans à risque de forme grave du Covid-19 (personnes avec des comorbidités, femmes enceintes dès le premier trimestre de grossesse, personnes immunodéprimées, enfants et adolescents à haut risque), leur entourage, et les professionnels du secteur sanitaire et médico-social peuvent recevoir une deuxième dose de rappel.
Toutes les personnes éligibles à une deuxième dose de rappel peuvent le faire dès trois mois après le premier rappel pour les personnes âgées de 80 ans et plus, ainsi que pour les résidents d'Ehpad, ceux des unités de soins de longue durée (USLD) et les personnes sévèrement immunodéprimées, quel que soit leur âge et dès 6 mois après le premier rappel pour les autres personnes éligibles.

Les personnes éligibles à la deuxième dose de rappel du vaccin contre le Covid-19.
© / L'Express
Au 19 septembre, selon les chiffres de Santé Publique France, seuls 20,6% des 60-64 ans, et 36,4% des 80 ans et plus, ont reçu une deuxième dose de rappel vaccinal, tandis que 85,4% des personnes âgées de 65 ans ou plus ont eu une vaccination avec rappel.
En outre, toutes les personnes n'ayant pas reçu leur première dose de rappel peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner, si elles le souhaitent.
Où peut-on se faire vacciner ?
Désormais, la vaccination se fait principalement en ville. Les personnes qui souhaitent recevoir leur deuxième dose de rappel sont invitées à se tourner vers leur médecin traitant, leur infirmier, leur pharmacien ou à se rendre dans les centres de vaccination qui restent pour certains ouverts. Il est aussi possible de prendre rendez-vous via www.sante.fr.
Quels vaccins peut-on recevoir ?
En France, la HAS a recommandé "de préférence" mardi l'usage des vaccins bivalents en vue d'une campagne de vaccination à l'automne. Il s'agit en l'occurrence des vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech ciblant la souche originale du virus et le variant BA.1 d'Omicron, et du vaccin de Pfizer/BioNTech ciblant la souche originale et les sous-variants BA.4 et BA.5 d'Omicron. Ces vaccins ont été validés début septembre par l'Agence européenne du médicament. Ils emploient la technologie de l'ARN messager, comme la quasi-totalité des vaccins utilisés jusqu'alors. "Ce ne sont pas des nouveaux vaccins mais des vaccins adaptés aux souches circulantes", a souligné la HAS.
Pour la nouvelle campagne de rappel contre le Covid-19, la HAS a maintenu sa recommandation de la coupler avec la vaccination annuelle contre la grippe, qui démarrera le 18 octobre. Une injection concomitante ou le même jour des deux vaccins est possible, a-t-elle rappelé. "Dans l'immédiat et parce que le nombre de cas d'infections est reparti à la hausse depuis quelques jours", les plus à risque sont invités à ne pas attendre pour recevoir leur deuxième rappel, s'ils ne l'ont pas encore eu. Cette préconisation s'entend quel que soit le vaccin anti-Covid initialement administré à la personne.
Les vaccins bivalents, dont la France a déjà commandé plusieurs millions, devraient être rapidement disponibles dans les centres de vaccination et les pharmacies. Des commandes auprès des laboratoires Sanofi (monovalent Bêta) et espagnol Hipra (bivalent Alpha-Bêta), dont les vaccins sont encore étudiés par l'Agence européenne du médicament, ont également été passées, mais elles ne sont pas attendues avant la fin de l'année, selon la Direction générale de la Santé.
Si l'on compare aux vaccins originaux, "l'efficacité clinique attendue des nouveaux vaccins bivalents est au moins équivalente voire supérieure", et leur tolérance est "identique", selon la HAS. La version originale du vaccin (monovalent) basée sur la souche d'origine du virus reste par ailleurs efficace contre les formes sévères, les hospitalisations et les décès associés à la maladie, martèlent les autorités sanitaires. Et c'est la seule possible pour une première vaccination, note la HAS.
