"Je refuse d'avaliser plus en avant cette mise en scène." Les mots sont de l'ancien rapporteur de la mission d'information sur les autoroutes, Jean-Paul Chanteguet, qui annonce ce lundi son retrait du groupe de travail qui se penchait sur les tarifs autoroutiers.
Dans un communiqué, celui qui avait préconisé en 2014 une résiliation des concessions les liant à l'Etat dénonce aujourd'hui "au mieux [une] parodie de consultation, au pire [un] moyen d'instrumentaliser les parlementaires". Et dénonce le fait que le gouvernement "est pressé de conclure [...] après un mois de travail" sans recourir à de" véritables expertises indépendantes de l'influence des SCA".
"Les travaux, consciencieusement organisés et orientés, ont eu pour objectif de montrer, que de rente il n'y avait pas et que l'idée de la résiliation était irréaliste, pour ne pas dire irresponsable", a encore regretté le député qui est également président de la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale.
Un compromis avec les SCA?
Les conclusions du groupe de travail, composé de parlementaires et de représentants de l'administration, doivent être remises au Premier ministre Manuel Valls mardi. Mais Le Figaro avance déjà que le gouvernement s'orienterait vers un compromis avec les SCA, les sociétés concessionnaires d'autoroutes.
Ces sociétés s'opposent à l'Autorité de la concurrence qui avait pointé leur "rentabilité exceptionnelle" depuis leur privatisation en 2006, de l'ordre de 20% ou plus, sur fond de péages augmentant plus vite que l'inflation. Un calcul contesté par les concessionnaires, jugeant que leur rentabilité doit se calculer sur l'ensemble de la durée des concessions, soit une trentaine d'années.
Après l'avis de l'Autorité, le conflit était remonté au gouvernement qui avait décidé de geler l'augmentation de 0,57% des péages prévue au 1er février, sauf que les SCA ont depuis contre-attaqué en lançant un recours devant le Conseil d'Etat.
