Une nouvelle augmentation des tarifs des péages autoroutiers est attendue dès ce mardi. Et pas des moindres. Selon des arrêtés publiés au Journal officiel, une hausse d'environ 2% est à prévoir pour les automobilistes, après une augmentation de 0,44% début 2021.

Pourtant, "les tarifs de péage au 1er février 2022 n'augmenteront pas plus que l'inflation", avait assuré en décembre une source proche des concessionnaires. Or, l'inflation en France a accéléré à 1,6% sur l'ensemble de l'année 2021, en moyenne annuelle, selon l'Insee, au plus haut depuis 2018, sous l'effet d'une envolée des prix de l'énergie et d'une hausse des prix des produits manufacturés.

LIRE AUSSI : Privatisation des routes nationales : les automobilistes perdants ?

Pour les voitures (véhicule de classe 1), les tarifs augmentent de 1,89% sur le réseau Cofiroute, 2,19% sur ASF, 1,91% sur Sanef ou encore 2,05% sur APRR.

Une hausse tous les ans

Les contrats très stricts liant les sociétés d'autoroutes à l'Etat prévoient une augmentation automatique des tarifs des péages tous les ans au 1er février, en fonction notamment de l'inflation et des chantiers entrepris sur le réseau. Mais une hausse à hauteur de 2% n'était pas arrivée depuis 2013, qui a connu une augmentation de 2,12% en moyenne. A l'inverse, la hausse des tarifs en 2021 a été historiquement faible, deux fois inférieure à celle de l'année 2020 (0,82 %) qui constituait déjà la plus faible hausse depuis 2010.

Pour visualiser l'infographie, cliquez ici

Tous les ans, les tarifs augmentent donc, sauf pour l'année 2015 alors que la ministre de l'Environnement de l'époque, Ségolène Royal, avait décrété un gel des tarifs. Une idée écartée par le gouvernement lors de la crise des gilets jaunes. Il avait néanmoins demandé et obtenu début 2019 des sociétés d'autoroutes une réduction de 30% des tarifs pour les conducteurs réguliers, à défaut d'une baisse pour tous.

La société Vinci Autoroutes a toutefois annoncé lundi un gel des tarifs des péages sur la majorité des trajets courts de son réseau, "pour préserver le pouvoir d'achat des automobilistes", ce qui n'empêchera pas l'augmentation des tarifs de 2% en moyenne. Sur le site de la société d'autoroutes, on peut par ailleurs estimer le prix des principaux trajets effectués en France en voiture. Parmi les plus chers : le Paris-Nice, pour lequel il faut compter un peu moins de 80 euros.

Pour visualiser l'infographie, cliquez ici

Pourquoi de telles augmentations ?

Les hausses des tarifs "résultent de la stricte application des contrats passés entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes", explique dans un communiqué l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA), qui rappelle que l'Etat est le premier bénéficiaire des revenus du péage. Ces tarifs sont alors validés par les ministères en charge des Transports et de l'Economie avant publication au Journal Officiel.

LIRE AUSSI : Autoroutes à 110 km/h : "Une perte de 550 millions d'euros" selon un rapport officiel

Que deviennent les recettes de ces péages ? Elles se divisent en quatre parties. En 2021, sur un ticket d'une valeur de 10 euros, près de quatre euros reviennent en effet à l'Etat, selon les chiffres avancés par l'ASFA, sous forme d'impôts et de taxes.

Pour visualiser l'infographie, cliquez ici

Une large partie, 2,60 euros sur les 10 euros, est par ailleurs réservée à la construction et la modernisation des autoroutes, de ponts, d'aires de covoiturages ou encore de nouvelles voies. 1,30 euro est distribué pour les exploitations et les services, à savoir les salaires et l'achat de matériels. Enfin, 2,30 euros sont alloués au remboursement des dettes et la rémunération de ses actionnaires.