Ce n'est pas une prière, c'est un ordre. "Embrasse moi sur la bouche!"
Le 6 mai 2012, place de Bastille, sous les yeux du monde entier, Valérie Trierweiler exige un baiser de François Hollande. Un baiser particulier, celui qui doit rappeler aux millions de regards fixés sur ce nouveau président qu'elle est l'unique élue de son coeur...
C'est l'histoire d'un quinquennat qui commence comme un vaudeville: un homme, deux femmes, quelques mensonges et beaucoup de tracas. Ce soir-là, Hollande salue la foule en liesse. Soudain, il aperçoit Ségolène Royal, la mère de ses enfants dont il est séparé depuis 5 ans, qui vient de monter sur l'estrade rejoindre l'aréopage socialiste. Dans un élan spontané, il va la saluer -quoi de plus naturel, à l'égard d'une femme qui a partagé vingt ans de sa vie? Il l'embrasse sur les deux joues, visiblement heureux de cet instant de complicité au soir d'une belle victoire.
Las! Valérie Trierweiler, dont l'extrême jalousie a déjà pesé sur la campagne, en prend aussitôt ombrage. Tout à sa rage, elle impose à Hollande, qui s'y prête de mauvaise grâce, un geste symbolique. Il ne le sait pas encore, mais la haine de sa compagne va durablement les abîmer tous les deux.
Que sont-ils devenus?
Sept mois plus tard, Trierweiler, qu'un tweet dévastateur contre Royal a carbonisé dans l'opinion publique, tente toujours de montrer un autre visage. Elle est réapparue dans ses fonctions officielles et se cantonne désormais aux actions humanitaires, mais sur le site rénové de la présidence, il n'est mentionné nulle part qu'elle est première dame: simplement "compagne" du chef de l'Etat. Lequel ne semble pas sorti du mélange vie publique / vie privée, en témoigne la lettre qu'il a adressée le 10 décembre dernier au tribunal pour soutenir Valérie Trierweiler dans son procès contre les auteurs de la biographie La Frondeuse...
Quant à Ségolène Royal, elle va plutôt bien, merci: plusieurs ministres se sont récemment déplacés sur ses terres de Poitou-Charentes, et un fauteuil au Sénat semble lui tendre les bras. La guerre menée par Trierweiler lui a donné une seconde jeunesse.
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