Penelope Fillon a été mise en examen ce mardi dans l'enquête sur ses emplois présumés fictifs d'attachée parlementaire et à la Revue des deux mondes. Les juges d'instruction ont retenu les chefs de "complicité et recel de détournements de fonds publics, complicité et recel d'abus de bien sociaux et recel d'escroquerie aggravée" au bout de 13 heures d'audition, indique à L'Express une source judiciaire.

Il s'agit de la troisième mise en examen dans cette enquête après celles de François Fillon le 14 mars et de son ancien suppléant à l'Assemblée, Marc Joulaud.

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Entre 1986 et 2013 -avec des coupures- l'épouse discrète a perçu 680 380 euros net, soit environ 3600 euros mensuels en moyenne, comme assistante à l'Assemblée de son mari ou de Marc Joulaud, l'actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, mis en examen vendredi pour détournement de fonds publics.

Enquête élargie à des soupçons de trafic d'influence

Penelope Fillon a aussi été employée à La Revue des deux mondes entre mai 2012 et décembre 2013, sans s'être rendue sur place, pour un salaire de 5000 euros bruts, qu'elle a cumulé avec son emploi à l'Assemblée à partir de juillet 2012, lorsque son mari est redevenu député. Les enquêteurs cherchent à savoir si ces emplois, aux contours flous, étaient effectifs.

Le délit d'escroquerie aggravée vise des documents saisis à l'Assemblée nationale, notamment une fiche de renseignements sur laquelle l'épouse du candidat a déclaré en juillet 2012 un travail mensuel de 14 heures à La Revue des deux mondes, d'après ces sources. Un nombre d'heures qui aurait pu être minimisé pour respecter la limite légale du temps de travail cumulé avec son emploi déclaré à l'Assemblée, s'interrogent les enquêteurs.

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L'enquête menée sur le couple Fillon a récemment été élargie à des soupçons de trafic d'influence, après les révélations sur ses costumes de luxe, mais aussi à des soupçons d'escroquerie aggravée et de faux. Les juges n'ont toutefois pas retenu le chef de faux et d'usage de faux dans la convocation qu'ils ont adressée à Penelope Fillon, selon des sources proches du dossier.