Bonne année la presse ! Emmanuel Macron a réaffirmé ce mercredi, lors de ses voeux à la profession, vouloir "une forme de régulation" des médias pour lutter contre les fausses informations, en défendant le nouveau Conseil de déontologie des médias, très contesté par la profession.
"Nous sommes confrontés collectivement à une lutte, celle contre les fausses informations, les fake news" et il faut "distinguer ceux qui sont journalistes et ceux qui ne le sont pas", a-t-il déclaré devant quelque 300 représentants des médias.
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Le Conseil de déontologie des médias, installé fin décembre à la demande du président mais boycotté par la plupart des grands médias, "n'est pas une menace sur la profession", a-t-il assuré. Il a évoqué la nécessité de réaction, "sous contrôle du juge, en cas d'attaque de tel ou tel par des informations détournées".
Emmanuel Macron a assuré qu'il agirait contre les dérives de certains membres des forces de l'ordre qui empêchent des journalistes de travailler lors des manifestations, tout en rappelant que les journalistes avaient aussi été ciblés par les gilets jaunes.
Il a par ailleurs répété qu'il n'accepterait pas que les Gafa, comme Google, refusent de payer les "droits voisins" aux producteurs de contenus en menaçant de ne plus les référencer. "Nous ne céderons rien sur les droits voisins" à "ceux qui font du chantage", a-t-il accusé.
Des mesures pour l'Outre-mer
Le chef de l'État a d'autre part assuré que "des mesures spécifiques" seraient prises pour aider la presse en Outre-mer, "particulièrement fragilisée", une référence implicite notamment à France-Antilles, seul quotidien de Martinique, Guadeloupe et Guyane, menacé de disparition.
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"Il nous faut pouvoir accompagner comme il se doit la capacité d'informer", a déclaré Macron, en évoquant la modernisation prochaine du Fonds stratégique pour le développement de la presse, qui sera "effective dans trois mois, par décret".
France-Antilles, en redressement judiciaire depuis le 25 juin 2019, saura le 30 janvier prochain si le tribunal mixte de commerce accepte la proposition de reprise de l'actionnaire principal du groupe, AJR Participations (société d'Aude Jacques-Ruettard, petite-fille de Robert Hersant), qui a jusqu'au 27 janvier pour boucler son plan de financement de quelque 7 millions d'euros. La presse est aussi en difficulté à La Réunion, où le Journal de l'île de La Réunion a été placé en septembre en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Saint-Denis.
Le chef de l'État a longuement défendu la liberté de la presse, la liberté d'expression y compris "la liberté de blasphème", en évoquant "l'esprit du 11 janvier", jour de la manifestation de soutien à Charlie Hebdo après l'attentat de 2015.
