Le rendez-vous est crucial, il pourrait éventuellement déboucher sur une nouvelle mise en examen. Penelope Fillon est convoquée ce mardi par les juges en charge de l'instruction du Penelopegate, l'enquête sur son emploi présumé fictif d'attachée parlementaire et à la Revue des deux mondes. Selon le JDD, l'épouse du candidat à l'élection présidentielle risque même une triple mise en examen pour" recel de détournements de fonds publics, recel d'abus de bien sociaux et recel d'escroquerie aggravé".
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Dans ses colonnes, l'hebdomadaire révèle ce dimanche la défense exposée par Penelope Fillon devant les enquêteurs lors d'une audition qui s'est déroulée le 30 janvier dernier et qu'elle pourrait à nouveau utiliser mardi.
Travail à domicile, plutôt qu'à l'Assemblée nationale
Son travail d'assistante parlementaire auprès de son époux, député de la Sarthe, commence en 1998. "Je m'occupais du courrier arrivant à notre domicile, demande d'administrés, problèmes personnels de gens en difficulté", explique Penelope Fillon, ajoutant qu'il lui arrivait de représenter son mari lors de manifestations. Un travail effectué à domicile, sans jamais se rendre à l'Assemblée nationale.
En 2002, François Fillon rejoint le gouvernement comme ministre des Affaires sociales. De son côté, Penelope Fillon conserve son emploi et se met au service du suppléant de son conjoint, le député Marc Joulaud. La collaboration prend fin en 2007. "Ma présence pouvait lui apporter du poids dans l'exercice de son mandat", se défend Penelope Fillon, qui devait aider le député à "s'imposer au niveau local".
"Chargée des liens avec la Sarthe"
Problème, Penelope Fillon habite à Paris entre 2002 et 2007 avec son mari. Pour se défendre, elle insiste sur sa présence dans la Sarthe le week-end, ajoutant qu'elle "emmenait le courrier reçu au domicile le week-end pour le traiter à Paris".
En 2007, François Fillon est nommé à Matignon. Son épouse met alors son activité entre parenthèses. Penelope Fillon revient travailler auprès de son mari, élu député de Paris après la défaite de Nicolas Sarkozy, de juillet 2012 à novembre 2013. Sa défense est plus délicate. Elle assure être alors "chargée des liens avec la Sarthe", car son mari voulait "rester en contact avec ses électeurs d'origine".
Cumul d'emplois à plein temps
Reste son emploi à la Revue des deux mondes. Penelope Fillon y est salariée de mai 2012 à novembre 2013. Elle est alors chargée d'exercer une mission de conseil auprès de son propriétaire Marc Ladrait de Lacharrière et de rédiger des notes littéraires. Seules deux recensions ont été publiées.
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La défense de Penelope Fillon est ici fragilisée par les avancées de l'enquête. A l'époque, elle est employée à temps plein par la Revue des deux mondes mais aussi par son mari, ce qu'interdit le règlement du Parlement. Dans une fiche de renseignement transmise à l'Assemblée nationale, Penelope Fillon a donc déclaré 14 heures de travail mensuel dans la revue littéraire.
Un brouillon, découvert lors d'un perquisition effectuée courant mars, fait même état de "30 heures" de travail pour cette revue. Une découverte qui a conduit le parquet national financier à délivrer un réquisitoire supplétif pour "escroquerie aggravée, faux et usage de faux" aux juges d'instruction chargés de l'enquête. Comment Penelope Fillon parvenait-elle a cumuler deux emplois à temps plein? "J'organisais mon temps de travail comme je le voulais, et il n'y avait pas vraiment de week-end, ni de repos hebdomadaire", indique l'épouse du vainqueur de la primaire à droite.
