Alors que le gouvernement espère toujours une entrée en vigueur de la loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal au 15 janvier, les opposants ont donné de la voix ce week-end. Le ministère de l'Intérieur a annoncé 105 200 participants dans toute la France - un niveau de mobilisation comparable à celui de cet été. Dans la capitale, plusieurs milliers de personnes étaient présentes. De son côté, l'exécutif a annoncé "un plan de renforcement" des capacités de tests avec notamment le déploiement de "plusieurs centaines" de centres de dépistage. Ailleurs dans le monde, le Covid-19 continue sa progression. En Afrique, le nombre de contaminations dépasse les 10 millions.
Rebond des manifestations contre le passe vaccinal
"Macron, on t'emmerde !" : quelques jours après les déclarations fracassantes d'Emmanuel Macron, décidé à "emmerder" les non-vaccinés, ces derniers et les opposants au passe vaccinal ont battu le pavé samedi dans plusieurs villes de France, renouant avec des mobilisations d'ampleur. Le ministère de l'Intérieur a annoncé 105 200 participants dans toute la France, soit quatre fois plus que les 25 500 de la précédente mobilisation, le 18 décembre. A Paris, la manifestation la plus importante a rassemblé plusieurs milliers de personnes à l'appel des Patriotes du candidat pro-Frexit à la présidentielle Florian Philippot, retrouvant le niveau des mobilisations de cet été, lorsque avait été annoncé le passe sanitaire.
"Macron, ton passe on n'en veut pas", "Touchez pas aux enfants", scandaient les manifestants, dont beaucoup arboraient un drapeau français, au milieu de quelques fleurs de lys. La manifestation partie de la place du Palais royal a pris place Vauban des allures de meeting politique, plusieurs personnalités d'extrême droite venant apporter leur soutien aux manifestants : via message vidéo, la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, le très conservateur Jean-Frédéric Poisson, soutien d'Eric Zemmour, ou l'ancien conseiller de Donald Trump Steve Bannon.
Passe vaccinal : 2e round au Sénat dominé par la droite
Les quelques jours de pause depuis l'adoption mouvementée par les députés du passe vaccinal auront-ils apaisé les esprits ? Réponse en début de semaine au Sénat, à majorité de droite, qui examinera le projet de loi lundi en commission, puis mardi dans l'hémicycle. Malgré le décalage du calendrier initial, du fait du retard pris au Palais Bourbon, le gouvernement espère toujours une entrée en vigueur de la loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal au 15 janvier.
Il faudra alors aux plus de 12 ans pouvoir justifier d'un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé. Pour le Premier ministre Jean Castex, l'objectif est clair : pousser encore à la vaccination, dans une situation épidémique inédite alors que la moyenne quotidienne des nouvelles contaminations sur sept jours bat record sur record.
Gabriel Attal annonce "un plan de renforcement" des capacités de tests
Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a annoncé ce dimanche à BFMTV "un plan de renforcement de notre politique de tests" face à l'épidémie de Covid-19, avec notamment le déploiement de "plusieurs centaines" de centres de dépistage à proximité des centres de vaccination."Quasiment 10 millions de personnes" sont testées par semaine, mais les queues s'allongent, a reconnu Gabriel Attal, indiquant qu'"on (allait) multiplier encore les centres de tests".
"On va demander l'ouverture de centres de dépistage près des centres de vaccination", afin qu'à des moments creux de vaccination, les professionnels sur place puissent réaliser des tests, a précisé le porte-parole du gouvernement. "La deuxième mesure est de permettre aux pharmaciens de créer leurs centres de dépistage. On va leur donner la possibilité de recruter eux-mêmes temporairement des professionnels de santé qui viendront travailler dans leur propre petit centre de dépistage pour qu'il y ait plus de dépistages faits dans les pharmacies", a-t-il ajouté.
Le nombre de cas de Covid en Afrique dépasse les 10 millions
L'Afrique a enregistré au total plus de 10 millions de cas de coronavirus, selon les chiffres du Centre de contrôle et de prévention des maladies du continent (Africa CDC), qui dépend de l'Union africaine (UA), consultés ce dimanche par l'AFP. Les données publiées par les Centres africains de contrôle des maladies ont montré qu'à la date de samedi, 10 028 508 cas avaient été signalés par les 55 Etats membres de l'Union africaine depuis le début de la pandémie.
Au total, 231 157 décès ont été enregistrés, a indiqué le CDC. Les infections ont grimpé en flèche depuis que le variant Omicron a été découvert en Afrique du Sud fin novembre, poussant un certain nombre de pays du continent à imposer de nouvelles restrictions. Cependant, la vaccination en Afrique, qui compte près de 1,2 milliard de personnes, a été faible, en raison d'un accès limité aux vaccins et d'une certaine réticence envers les vaccins.
Plus de 150 000 morts au Royaume-Uni depuis le début de la pandémie
Le coronavirus a coûté la vie à plus de 150 000 personnes au Royaume-Uni, a indiqué samedi le gouvernement, un cap symbolique pour le pays parmi les plus endeuillés d'Europe. "Le coronavirus fait payer un terrible tribut à notre pays et aujourd'hui, le nombre de morts enregistrés a atteint les 150 000", a tweeté le Premier ministre Boris Johnson. Plus précisément, ce sont 313 nouveaux décès dus au Covid-19 qui ont été enregistrés samedi, portant à 150 057 depuis le début de la pandémie le nombre total de personnes décédées 28 jours après un test positif.
Record de contaminations au Pérou et au Mexique
Le Pérou a enregistré samedi plus de 16 000 nouveaux cas de Covid-19, un record dans ce pays frappé lui aussi par le variant Omicron. Le chiffre de 16 135 nouveaux cas, publié par le ministère de la Santé, porte à 2 358 685 le nombre total d'infections en 22 mois de pandémie dans ce pays de 33 millions d'habitants. Les décès annoncés samedi ont augmenté de 38 au cours des dernières 24 heures soit un total de 203 019 morts depuis mars 2020.
Le Mexique a lui enregistré samedi plus de 30 000 nouveaux cas de Covid-19, un record depuis le début de la pandémie, conduisant certains Etats mexicains à fermer à nouveau les écoles. Au cours des dernières 24 heures, 30 671 nouveaux cas ont été comptabilisés, soit un total de 4 113 789. Le record quotidien précédent, de 28 023 cas, remontait au 18 août 2021, selon le ministère de la Santé. Les décès sont toutefois restés stables avec 202 dans la journée.
