Fin de partie pour le numéro un mondial de tennis. Novak Djokovic doit renoncer à sa participation à l'Open d'Australie, le premier tournoi du Grand Chelem de la saison organisé à partir de lundi, à Melbourne. Ce dimanche, la Cour fédérale australienne a tranché : elle rejette le recours de "Djoko" contre son expulsion du pays - ordonnée par le gouvernement qui estimait que le numéro un mondial, non-vacciné contre le Covid-19, représentait un "risque sanitaire". "Je suis extrêmement déçu de la décision de la Cour de rejeter mon appel de la décision du ministre d'annuler mon visa" écrit le joueur tout en précisant qu'il respecte cette décision. Alors que "Nole" s'apprête à quitter le pays, le gouvernement australien se félicite de sa victoire contre Djokovic - un bras de fer qui durait depuis plusieurs jours.
Le Serbe âgé de 34 doit donc ainsi faire une croix sur ses futures participations à ce même tournoi, qu'il a déjà remporté neuf fois, un record. Plus largement, sa non-vaccination pose la question de ses futures participations aux trois autres tournois du Grand Chelem de la saison, Wimbledon, Roland-Garros et l'US Open, lui qui rêve encore de dépasser ses rivaux Roger Federer et Rafael Nadal dans la course aux titres suprêmes, avec l'obtention d'un 21e titre du Grand Chelem... Retour sur une affaire hors normes en sept actes.
4 janvier : Djokovic obtient une dérogation afin de participer à l'Open d'Australie
Novak Djokovic n'a jamais communiqué sur son statut vaccinal. Mais son scepticisme face aux vaccins est loin d'être un secret. C'est dans ce contexte que le 4 janvier, le tennisman annonce sur les réseaux sociaux qu'il a obtenu une "dérogation" pour participer à l'Open d'Australie. D'ordinaire, les participants doivent fournir un certificat de vaccination ou une exemption médicale délivrée par un panel d'experts indépendants.
Quelques jours plus tôt, le 31 décembre, l'académie SotoTennis avait tweeté une vidéo de Djokovic s'entraînant à Marbella, en Espagne. Le 2 janvier, le journal local Diario le photographie en train de s'entraîner, toujours à Marbella. En parfaite santé.
5-6 janvier : le Serbe arrive en Australie, mais son visa est annulé une première fois
Novak Djokovic arrive dans la soirée du 5 janvier à l'aéroport de Melbourne. Rapidement, il s'y trouve bloqué pour ne pas avoir rempli le bon formulaire pour le visa demandé afin d'entrer dans le pays. Le Premier ministre australien Scott Morrison exige du Serbe qu'il fournisse la preuve que la "dérogation médicale" dont il bénéficie pour participer au tournoi est justifiée, faute de quoi il sera renvoyé "chez lui par le premier avion". Le lendemain, Novak Djokovic dépose un recours en justice contre cette annulation et son expulsion. Il est placé dans un centre de rétention, un hôtel, en attendant que sa situation se débloque.
8 janvier : le clan Djokovic contre-attaque
Surprise, le 8 janvier. Jusqu'ici discrets sur son exemption médicale, les avocats de Novak Djokovic indiquent qu'elle a été obtenue en raison d'un dépistage positif le 16 décembre, deux jours après avoir assisté à un match de basket à Belgrade. Mais cette information jette un peu plus le trouble sur sa situation. Avant d'en avoir obtenu le résultat, le joueur assiste au lancement d'un timbre à son effigie.
Surtout, le 17 décembre, le Serbe participe à une rencontre avec des jeunes joueurs de tennis. Il assure avoir effectué avant un deuxième test antigénique, également négatif. "Je n'avais pas de symptôme, je me sentais bien et je n'avais pas reçu la notification du PCR positif avant la fin de cet événement", a-t-il assuré dans un communiqué publié sur Instagram le 12 janvier.
Dont acte. Reste que le 18 décembre, toujours à Belgrade, il réalise une interview et une séance photo avec le quotidien sportif français L'Equipe. Il sait à cet instant qu'il est positif au Covid. "Je me suis senti obligé (...) car je ne voulais pas laisser tomber le journaliste, mais j'ai veillé à respecter la distanciation sociale et à porter un masque, sauf lorsque mon portrait photo a été fait", dit-il. Le Serbe reconnaît "une erreur de jugement" et admet qu'il aurait "dû reporter cet engagement."
10-14 janvier : libération de "Novax" et début d'une longue attente
Le 10 janvier, un juge australien ordonne la libération immédiate de Djokovic. Pour lui, si les autorités lui en avaient laissé le temps, il "aurait pu consulter d'autres personnes et présenter des arguments pour expliquer pourquoi son visa ne devrait pas être annulé". Dans une conférence de presse tenue par le clan Djokovic, la mère du tennisman affirme que son fils "a subi des tortures" lors de sa rétention. "Novak a été privé de ses 'droits de l'homme"' en étant notamment interdit de contacter ses amis, son équipe ou ses avocats, appuie son père. Le gouvernement australien concède que la façon dont cet entretien a été mené n'était pas "raisonnable". Un avocat du gouvernement avertit toutefois que ce dernier peut encore décider de l'expulser.
Novak Djokovic, considéré comme un "Spartacus des temps modernes", et devenu le héros des antivax à travers le monde, sort de son centre de rétention et se remet immédiatement à l'entraînement. Pendant ce temps, son cas se complique un peu plus. Il apparaît qu'il n'a pas signalé dans le document remis à son arrivée en Australie son déplacement en Espagne, effectué dans les quatorze jours précédant son arrivée à Melbourne, ce qui pourrait justifier son expulsion. Des doutes subsistent également sur la date de son test positif au Covid-19, que Novak balaye sur son compte Instagram.
Le tirage au sort de l'Open d'Australie désigne le Serbe Miomir Kecmanovic (78e) comme adversaire de Djokovic au premier tour. Evidemment, s'il est en mesure de participer.
14 janvier : le gouvernement australien annule le nouveau visa du "Djoker"
Patatras ! Le visa de Djokovic est annulé une seconde fois ce vendredi. Une décision prise "sur des bases sanitaires et d'ordre public", explique le ministre de l'Immigration Alex Hawke dans un communiqué. Elle implique que le joueur serbe sera interdit d'entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances.
La fin de l'histoire ? Pas tout à fait. Les autorités australiennes acceptent néanmoins de surseoir à l'expulsion de Novak Djokovic jusqu'à ce que la justice ait statué sur son cas. Le gouvernement souhaite en revanche que le Serbe ne puisse sortir de rétention que pour assister, dans les bureaux de ses avocats et sous bonne garde, aux audiences en ligne de la justice concernant son cas.
Dernier rebondissement en date : le juge de l'Etat australien de Victoria chargé d'examiner le recours de Novak Djokovic contre cette seconde annulation de son visa a annoncé ce vendredi qu'il se dessaisissait au profit de la justice fédérale australienne, ce qui pourrait retarder le dénouement de l'affaire.
Le feuilleton a sans doute encore quelques épisodes devant lui.
15 janvier : "Djoko" de nouveau placé en rétention
Le numéro un mondial de tennis a été renvoyé en rétention administrative pour la deuxième fois ce samedi à Melbourne après l'annulation de son visa pour la deuxième fois par le gouvernement australien, qui soutient que le joueur non-vacciné contre le Covid-19 constitue un danger public. Après un premier passage remarqué au sein du Park Hotel de Melbourne, avec 36 réfugiés enfermés depuis des années, Novak Djokovic doit repasser par la case rétention.
Reçu par les services de l'immigration vendredi soir, le numéro un mondial a été placé dans un lieu tenu secret en attendant la décision finale de la Cour Fédérale australienne sur sa participation à l'Open d'Australie. Elle interviendra ce samedi soir à 23h30 heure français, 9h30 heure australienne.
Ce samedi, le tennisman Rafael Nadal s'en est pris à son rival, estimant que "l'Open d'Australie est bien plus important que n'importe quel joueur", tout en disant ne pas être "d'accord avec beaucoup de choses qu'il a faites ces deux dernières semaines".
16 janvier : le verdict tombe et Djoko est expulsé
La Cour fédérale australienne a rejeté ce dimanche le recours de Novak Djokovic contre son expulsion du pays. Cette décision, prise à l'unanimité par les trois juges de la Cour, enterre définitivement les espoirs du Serbe de 34 ans de conquérir, lors de l'Open d'Australie qui débute lundi, un 21e titre record en Grand Chelem.
Autorisé à quitter le centre de rétention où il a été placé samedi, Djokovic a suivi l'audience en ligne, qui a duré quatre heures, depuis les bureaux de ses avocats à Melbourne. La décision de la Cour, annoncée par son président James Allsop, est en théorie impossible à contester par le joueur, obligé de quitter immédiatement l'Australie avec de possibles répercussions à long terme pour sa carrière.
Le numéro un mondial du tennis, "extrêmement déçu", par la décision de la Cour sur son expulsion, a affirmé dans un communiqué ce dimanche qu'il respectait le verdict et s'apprêtait à quitter le pays, sans disputer l'Open d'Australie. De son côté, le gouvernement australien s'est félicité ce dimanche du verdict : "La politique ferme de protection des frontières de l'Australie nous a maintenus en sécurité pendant la pandémie" de Covid-19, a affirmé le ministre de l'Immigration, Alex Hawke, dans un communiqué.
