Monté sur le trône d'Espagne en novembre 1975, Juan Carlos a abdiqué ce lundi matin a annoncé Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol. S'il est l'homme qui a mené la transition de l'Espagne vers la démocratie, Juan Carlos a aussi connu une fin de règne plus délicate ponctuée de nombreux scandales. En voici trois.
Le safari qui choque l'Espagne
En avril 2012, le roi se fracture la hanche en participant à une partie de chasse à l'éléphant au Bostwana moyennant 30 000 euros - la chasse est autorisée dans ce pays à condition de payer entre 7 000 et 30 000 euros. Ce voyage privé du monarque provoque la colère des Espagnols qui subissent depuis plusieurs mois une crise sans précédent. "Il s'agit d'un voyage irresponsable, réalisé au moment le plus inopportun", écrit l'éditorialiste du quotidien de centre droit El Mundo. "Le spectacle d'un monarque chassant les éléphants en Afrique alors que la crise économique dans notre pays provoque tant de problèmes pour les Espagnols" transmet "une image d'indifférence et de frivolité que le chef d'Etat ne devrait jamais donner", poursuit-il. Face à ce scandale, le roi est contraint de présenter des excuses publiques.
Le roi et les réclamations de paternité
En octobre 2012, Albert Solà, un Catalan de 56 ans, et Ingrid Sartiau, une Belge de 46 ans, intentent une action en justice pour obtenir de Juan Carlos une reconnaissance de paternité. À l'appui de leur demande, Albert Solà et Ingrid Sartiau, brandissent un test ADN réalisé en Belgique et qui démontrerait "à 91 %" qu'ils sont frère et soeur. Le monarque quant à lui refuse de se soumettre à un test de paternité. Les grands médias espagnols, pour la plupart bienveillants à l'égard du souverain, font preuve d'une extrême discrétion sur l'affaire des supposés enfants naturels. L'information reste essentiellement cantonnée à la presse people. Officiellement Juan Carlos a trois enfants de la reine Sofia qu'il a épousé en 1962: Elena, Cristina et le prince Felipe.
Une fortune estimée à 1,8 milliard d'euros
Le 28 septembre 2012, Juan Carlos est également sous le feu des critiques après un article du New York Times qui s'interrogeait sur l'origine et l'ampleur de la fortune du monarque, estimée par le journal à 1,8 milliard d'euros. Plusieurs éditorialistes et responsables politiques se déclarent choqués par une telle fortune.
