Canada, Japon, Australie ou encore Hongkong : les dernières barrières anti-Covid sautent les unes après les autres dans le monde entier, même si la pandémie est loin d'être terminée, comme en France, où elle reprend de la vigueur. Dernier pays en date à lever ou assouplir les restrictions à leurs frontières : le Canada.

Canada : plus d'obligation de dépistage ni de quarantaine

Le gouvernement canadien a annoncé lundi 26 septembre mettre un terme le samedi 1er octobre à toutes les restrictions sanitaires aux frontières visant à lutter contre la propagation du Covid-19 et notamment la fin de la vaccination obligatoire à l'entrée de ce pays.

Au Canada, les voyageurs n'auront plus d'obligation de dépistage, de quarantaine ou d'isolement. "Nous jugeons que nous sommes maintenant en mesure de modifier notre approche aux frontières internationales", a déclaré Dominic LeBlanc, le ministre des Affaires intergouvernementales, indiquant que "la situation sanitaire s'est grandement améliorée".

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Les personnes de plus de 12 ans devaient jusqu'ici être vaccinées pour entrer au Canada ou bien se soumettre à un test de dépistage avant l'entrée, à l'arrivée et se placer en quarantaine pendant 14 jours. Des tests aléatoires étaient également toujours en place pour les personnes vaccinées. Par ailleurs, le Canada imposait le port du masque dans les avions et les trains.

Selon le gouvernement canadien, la transmission du virus se fait essentiellement à l'intérieur du pays. Toutefois, le port du masque reste recommandé pour éviter la propagation du virus. "Les importations de cas de Covid et de ses variants n'influencent plus significativement l'évolution de la pandémie au pays", a justifié le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos. "L'accent doit être sur la vaccination à jour (...) c'est là qu'il faut investir", a précisé le ministre en ajoutant que le Covid-19 "est toujours là". Environ 90% de la population des 12 ans et plus ont reçu deux doses de vaccin, et la moitié ont en outre reçu un rappel, selon les chiffres du gouvernement.

Le Japon va rouvrir grand les portes aux touristes étrangers

Tokyo a de son côté annoncé la levée à partir du 11 octobre des restrictions d'entrée pour les touristes, imposées il y a plus de deux ans pour faire face à la pandémie. S'exprimant le 22 septembre devant la Bourse de New York, le Premier ministre japonais Fumio Kishida a indiqué "qu'à partir du 11 octobre, le Japon (allait) assouplir les contrôles aux frontières et autoriser à nouveau la dispense de visa et les voyages individuels". Le quota d'arrivées quotidiennes dans le pays avait été graduellement relevé depuis début 2022 et s'établissait dernièrement à 50 000. Ce quota va aussi être aboli, a ajouté Fumio Kishida.

Le Japon, avec la Chine, faisait partie des Etats qui continuaient d'appliquer de strictes mesures pour limiter la venue de visiteurs, ce qui lui avait valu des critiques. La faiblesse du yen, qui a perdu 20% de sa valeur par rapport au dollar depuis le début de l'année, devrait rendre le Japon encore plus attractif pour bon nombre de touristes. Et un apport de devises étrangères pourrait aider à enrayer la chute de la monnaie nationale et donner un coup de pouce à la reprise économique.

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En juin, le gouvernement nippon avait autorisé le retour des touristes étrangers, mais seulement dans le cadre de voyages organisés. Ce dispositif avait été allégé début septembre pour autoriser les séjours individuels, mais toujours via une agence de voyages. Le Japon n'a pas recouru à des confinements durant la pandémie mais le port du masque, sans être imposé par les autorités, continue d'y être extrêmement répandu dans les lieux et transports publics. Le taux de mortalité attribuable au coronavirus y a été relativement faible (moins de 35 décès pour 100 000 habitants).

L'archipel devrait mettre du temps à retrouver son niveau record de 31,9 millions de visiteurs étrangers accueillis en 2019 et des retombées financières comparables (4800 milliards de yens cette année-là, soit près de 34 milliards d'euros au cours actuel).

Hongkong : la fin de la quarantaine obligatoire pour les arrivées internationales

Hongkong a de son côté levé depuis ce lundi la quarantaine obligatoire à l'hôtel pour les personnes arrivant de l'étranger, a annoncé le chef de l'exécutif le 23 septembre, mettant fin à plus de deux années et demie d'isolement international du centre financier.

Les voyageurs doivent toutefois se soumettre à un test PCR à leur arrivée et ne sont pas autorisés à se rendre dans les bars et les restaurants pendant les trois premiers jours. Et les touristes courent toujours le risque d'être isolés dans une chambre d'hôtel, ou, dans le pire des cas, d'être envoyés en camp de quarantaine, s'ils sont testés positifs au coronavirus à leur arrivée à Hongkong. Les quotas d'arrivées en provenance de Chine continentale sont également supprimés, a précisé le gouvernement.

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La levée des restrictions, très attendue, devrait apporter un soulagement aux habitants et aux entreprises qui réclamaient que la place financière asiatique suive la tendance mondiale en autorisant de nouveau les voyages sans contraintes. Le gouvernement faisait face à une pression croissante de la part des résidents, des chefs d'entreprise et même de certains de ses propres conseillers en matière de santé publique, pour mettre fin à la quarantaine, notamment après une vague épidémique en début d'année.

Au plus fort des restrictions, la durée d'isolement à l'hôtel a atteint 21 jours. Ces règles ont provoqué un important exode : 113 000 personnes ont quitté la ville depuis mi-2021, selon des données officielles. Le coût économique a été important. La ville se trouve actuellement en récession technique après avoir enregistré un recul du PIB sur deux trimestres consécutifs.

En Australie, la période d'isolement raccourcie

Un peu plus tôt, l'Australie avait annoncé ce qui constitue l'assouplissement le plus important des mesures anti-Covid depuis des mois : depuis le 9 septembre, la période d'isolement obligatoire des personnes positives au Covid est ramenée à cinq jours, au lieu de sept, tandis que le port du masque sur les vols intérieurs n'est plus obligatoire. "Il s'agit d'une réponse proportionnée à ce stade de la pandémie", avait estimé, le 31 août, le Premier ministre australienAnthony Albanese.

Le chef d'Etat avait indiqué que l'assouplissement des règles ne s'appliquerait qu'aux personnes ne présentant pas de symptômes. "Il est clair que si vous avez des symptômes, nous voulons que les gens restent chez eux. Nous voulons que les gens agissent de manière responsable."

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L'Australie avait mis en place certaines des mesures les plus strictes au monde en matière de Covid, en fermant ses frontières internationales pendant deux ans et en confinant la plupart des grandes villes pendant des mois. Cette stratégie a fonctionné pendant une grande partie de la pandémie, mais depuis janvier 2022, le nombre de cas enregistrés a bondi, dépassant désormais les 10 millions.

Le nombre de décès a également augmenté, mais un taux de vaccination élevé a permis de limiter le nombre de décès à 14 000 depuis l'apparition du virus, ce qui est relativement faible dans ce pays de près de 26 millions d'habitants.

Les pénuries de main-d'oeuvre sont nombreuses en raison de l'obligation de s'isoler pour cause de coronavirus et d'une baisse du nombre de personnes étrangères se rendant en Australie pour y travailler. Le taux de chômage du pays est tombé à 3,4%, les entreprises s'arrachant les salariés.