Estimé moins dangereux que le variant Delta, Omicron reste tout de même une souche menaçante du Covid-19. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, un demi-million de personnes sont mortes depuis que cette souche d'abord découverte en Afrique du Sud a été répertoriée comme préoccupante par l'organisation.
En France, la cinquième vague semble avoir atteint son pic la semaine dernière, avec des indicateurs qui redescendent doucement. De quoi annoncer dans les écoles un possible allègement du protocole sanitaire d'ici la fin de la semaine, ou la semaine prochaine, alors que l'Agence européenne du médicament étudie la possibilité d'une dose de rappel chez les 12-15 ans.
Vers la fin du passe vaccinal "fin mars, début avril" ?
Le gouvernement estime qu'il existe des "raisons d'espérer" que "fin mars-début avril nous puissions lever le passe vaccinal", en raison de l'amélioration de la situation sanitaire, a déclaré mercredi le porte-parole Gabriel Attal.
"La baisse franche, nous y sommes", a-t-il dit à l'issue du Conseil des ministres, en allusion à la décrue des contaminations. "Il y a des raisons d'espérer qu'à cet horizon de temps la situation se sera suffisamment améliorée pour que nous soyons en mesure de lever ses ultimes mesures", a-t-il ajouté.
Un demi-million de morts depuis Omicron
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déploré mardi qu'il y ait eu un demi-million de morts dus au Covid depuis la découverte du variant Omicron et bien que des vaccins existent, qualifiant ce bilan de "plus que tragique".
"Alors que tout le monde disait Omicron plus bénin, on est passé à côté du fait qu'un demi-million de personnes sont mortes depuis qu'il a été détecté", a déclaré le gestionnaire des incidents de l'OMS, Abdi Mahamud. "A l'ère des vaccins efficaces, un demi-million de personnes qui meurent, c'est vraiment quelque chose (...) C'est plus que tragique", a-t-il ajouté, lors d'un échange organisé sur les réseaux sociaux par l'organisation.
Selon Abdi Mahamud, 130 millions de cas et 500 000 décès ont été enregistrés dans le monde depuis qu'Omicron a été jugé "préoccupant" par l'OMS, fin novembre. Ce variant a depuis lors rapidement dépassé Delta comme variant dominant dans le monde, car il est plus contagieux, même s'il semble entraîner des maladies moins graves.
Des annonces attendues en fin de semaine pour l'école en France
Des allègements du protocole sanitaire dans les écoles pour le retour des vacances de février devraient être annoncés "en fin de semaine ou début de semaine prochaine", avec parmi les pistes envisagées, une diminution du nombre d'autotests ou la fin du port du masque en extérieur, ont indiqué mardi des syndicats.
"On nous a dit qu'un avis du Haut conseil de la santé publique serait rendu en fin de semaine" et "que les décisions arriveraient ensuite assez vite", avec "des annonces prévues pour la fin de semaine ou le début de la semaine prochaine", a indiqué à l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire général du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, à l'issue d'une réunion entre les organisations syndicales, les ministères de l'Education et de la Santé et le Haut conseil de la santé publique.
"Ça devrait être soit vendredi, soit en début de semaine prochaine", a renchéri Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.
Le sous-traitant Cenexi va produire en France un traitement à l'étude
Le sous-traitant français Cenexi a passé un accord avec la biotech américaine Humanigen pour produire en France le Lenzilumab, un traitement potentiel à l'étude contre le Covid-19, a-t-il annoncé ce mercredi. Cenexi, sous-traitant pharmaceutique spécialisé dans la formulation et le développement de produits stériles innovants, va ainsi devenir l'unique producteur dans l'Hexagone de ce traitement potentiel pour les cinq prochaines années. Les lots seront produits dans son usine d'Hérouville-Saint-Clair, dans le Calvados.
Le Lenzilumab, un anticorps monoclonal, vise à prévenir et traiter le "choc cytokinique" ou "orage de cytokines", une réaction inflammatoire incontrôlée qui semble jouer un rôle clé dans les cas graves de Covid-19. Il est actuellement en cours d'enregistrement auprès des autorités sanitaires européennes et françaises.
Humanigen étudie également l'efficacité de ce traitement dans d'autres affections inflammatoires, comme la maladie du greffon contre l'hôte chez les patients ayant reçu une transplantation de cellules souches hématopoïétiques, des cellules fabriquées par la moelle osseuse.
L'EMA évalue une dose de rappel de Pfizer pour les 12 à 15 ans
Le régulateur européen des médicaments a annoncé mardi qu'il avait commencé à évaluer une demande d'approbation d'une dose de rappels du vaccin anti-Covid de Pfizer-BioNTech, appelé Comirnaty, pour les enfants de 12 à 15 ans.
L'Agence européenne des médicaments avait indiqué la semaine dernière qu'elle se prononcerait bientôt sur une demande similaire pour les adolescents de 16 et 17 ans.
L'EMA avait approuvé en octobre les injections de rappel "Comirnaty" de Pfizer-BioNTech pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus, puis avait pris une décision similaire concernant les injections de rappel "Spikevax" de Moderna.
Au Canada, des allègements face à la contestation des routiers
Face à la détermination des manifestants qui bloquent le centre de la capitale Ottawa depuis plus de dix jours, un mouvement semblait s'engager mardi au Canada pour assouplir les restrictions sanitaires contre le Covid parmi les plus strictes au monde. Dans le centre d'Ottawa, entre 400 et 500 camions occupaient toujours mardi les rues pour s'opposer aux mesures sanitaires, une situation "hors de contrôle" pour la ville qui a déclenché ce week-end l'état d'urgence.
Le Premier ministre Justin Trudeau, resté silencieux pendant plusieurs jours, a dénoncé lundi le mouvement et estimé qu'il fallait que "cela cesse". "Nous sommes tous fatigués des restrictions, de devoir faire des sacrifices quasiment tous les jours mais notre responsabilité en tant que gouvernement, c'est d'assurer la santé et la sécurité de tout le monde", a-t-il dit mardi à la Chambre des communes.
Certaines provinces ont toutefois annoncé de nouveaux allégements : ainsi, la Saskatchewan et l'Alberta (centre), vont carrément renoncer au passeport vaccinal, estimant que "les avantages ne l'emportent plus sur les coûts". Et pour la première fois depuis la mise en place de nouvelles restrictions liées à la vague Omicron, le Québec a annoncé un calendrier détaillé des allègements à venir.
Johnson & Johnson a temporairement suspendu la production de son vaccin
Johnson & Johnson a temporairement suspendu la production de son vaccin contre le Covid-19 dans la seule usine qui fabrique actuellement des lots commercialisables, aux Pays-Bas, affirme mardi le New York Times, le laboratoire assurant que cela n'affecte pas ses livraisons. Selon le quotidien américain, l'usine située à Leiden a cessé de produire le vaccin à la fin de l'année dernière pour fabriquer à la place un vaccin expérimental contre un autre virus.
La production du vaccin anti-Covid-19 devrait y reprendre "après une pause de quelques mois", ajoute le journal, en citant des personnes au courant de la décision. Sans confirmer ou nier cette information, Johnson & Johnson a souligné qu'il avait "des millions de doses" en stocks.
Le groupe "continue de remplir toutes ses obligations à l'égard du système Covax [qui approvisionne les pays pauvres en vaccins anti-Covid-19] et de l'Union africaine", a aussi indiqué l'entreprise dans un message transmis à l'AFP. Johnson & Johnson, qui écoule le produit au prix coûtant depuis le début de la pandémie, en distribue bien moins que Pfizer ou Moderna.
