Le double jeu du Qatar

Bruno Lonchampt, Dole (Jura)

Un immense merci pour votre Une "Qatar, le double jeu" ("Paillettes et djellabas : les deux visages du Qatar", L'Express du 9 septembre). Et surtout merci de mettre en évidence la duplicité de notre monde. Le double jeu est une marque de fabrique internationale, c'est même un mode de gouvernance (liste non exhaustive) :

- Pakistan : héberger les talibans, s'afficher proche des Etats-Unis, etc. ;

- Chine : le communisme revendiqué, le capitalisme à marche forcée, 56 minorités nationales écrasées... ;

- Le président français : l'idéologie du "en même temps", du "quoi qu'il en coûte", sauver la planète grâce au nucléaire... ;

- Nos paroles sont-elles en conformité avec nos actes ? Condamner ce que subissent les autres peuples et ne pas les accueillir ?

En fait, le double jeu est assumé partout sans vergogne. Le nez de Pinocchio reste très long. Je préférais celui de Cyrano... Notre monde manque de panache !

Légalisation du cannabis : le jour d'après 850

René Andron, Marseille (Bouches-du-Rhône)

La lecture de l'article de Mme Shalmani ("Pourquoi il faut légaliser les drogues", L'Express du 9 septembre) m'a renvoyé à l'excellent dossier sur l'économie souterraine de la drogue que vous avez publié cet été. Si les arguments en faveur de la légalisation sont tout à fait pertinents, comment va-t-on gérer l'impact sur les 200 000 personnes (estimées) que ce trafic fait vivre ? C'est une masse de petits intervenants qui animent au quotidien ce commerce. Un jeune guetteur sans qualification peut gagner entre 150 et 200 euros par jour. En cas de légalisation, sera-t-il séduit par une formation qui lui permettra, en se levant tôt et en travaillant vraiment, de gagner le smic ? Il faut penser la légalisation dans le cadre d'un plan d'ensemble.

Esclavage : il n'y a pas que l'homme blanc

France Pruvot, Lucinges (Haute-Savoie)

J'ai lu avec intérêt le face-à-face entre Mathieu Bock-Côté et Rokhaya Diallo à propos de la mémoire de l'esclavage par l'homme blanc, triste période de notre histoire dont nous n'avons aucune fierté à tirer ("Que faire de la mémoire de l'esclavage ?", L'Express du 2 septembre). Toutefois, cette volonté de ne s'interroger que sur cette question de l'homme blanc esclavagiste et ne jamais évoquer l'esclavage pratiqué par l'homme arabo-musulman a quelque chose de frustrant. Pourquoi ne jamais évoquer ces esclaves noirs obligés de se convertir à l'islam, tués, ou castrés, traités de la manière la plus horrible qui soit ? Il est bon que les vérités soient mises au grand jour, afin que les hommes prennent conscience de ces actes abominables commis par leurs ascendants. Il ne s'agit pas d'édulcorer le sujet, mais de prendre en compte l'intégralité de l'histoire de l'esclavage pratiqué sur l'homme noir.

Cannone contre Cannone

Eric Garnier, Villemomble (Seine-Saint-Denis)

Le Français Romain Cannone a décroché l'or olympique à l'épée et, par là même, la célébrité ("JO-2020 : c'était l'heure de Cannone, et l'or de la France", sur lexpress.fr). Une célébrité que Belinda Cannone, universitaire et essayiste, auteur depuis vingt-cinq ans de livres reconnus, n'a jamais obtenue. Choix révélateur des médias...

Nicolas Bouzou et les antipasse

Aline Granjon, Villeurbanne (Rhône)

Merci à Nicolas Bouzou pour son article sur "les mauvais calculs des anti-passe" (L'Express du 26 août). Quel bonheur d'avoir publié un article objectif ! Les radios et les télévisions ne diffusent que des "râleries médiatisées", parlant de "dictature", en oubliant que c'est le virus qui est "liberticide". Merci de rétablir la vérité.