Ça n'est pas un outil futuriste qui protégerait la Terre, mais un mécanisme financier. La présidence allemande du G7 et une soixantaine de pays vulnérables ont lancé, lundi 14 novembre, à la COP27 un "bouclier mondial contre les risques climatiques". Une nouvelle structure internationale, qui servira à aider les populations à se protéger des impacts du réchauffement climatique, et à faire face aux conséquences des événements climatiques extrêmes, comme les sécheresses ou les inondations.
En quoi consiste ce bouclier ?
Similaire à un fonds d'aide, il devrait prendre la forme d'un système de financement automatique, qui pourrait être déclenché avant ou juste après une catastrophe climatique, selon le communiqué commun de l'Allemagne et du V20, qui compte 58 pays. Cela inclurait par exemple des systèmes d'assurance contre les dégâts causés aux récoltes, aux bâtiments ou contre l'interruption d'activités d'une entreprise. Mais aussi des "systèmes de protection sociale", ou "un soutien financier immédiat à un gouvernement pour reconstruire un pont ou une école", a indiqué lors d'une conférence de presse à Charm el-Cheikh la ministre allemande du Développement, Svenja Schulze.
L'idée avait été approuvée par les pays du G7 lors de leur sommet de juin. C'est une forme de réponse à la question du financement des "pertes et dommages", qui est l'un des points cruciaux de cette COP27 égyptienne.
Comment sera-t-il financé ?
Le principe est que les pays très développés du Nord, davantage responsables du réchauffement climatique dont les conséquences pèsent en majorité sur les pays du Sud, financent ce bouclier. Ce nouveau système a recueilli à ce stade 170 millions d'euros de l'Allemagne, ainsi que 60 millions de la France sur trois ans, 10 millions d'euros de l'Irlande, près de 5 millions d'euros du Danemark et 7 millions de dollars du Canada. Le président Joe Biden a aussi annoncé que les Etats-Unis participeraient à son financement.
Il bénéficiera à un premier groupe de pays incluant le Bangladesh, le Costa Rica, les Fiji, le Ghana, le Pakistan, les Philippines et le Sénégal. Mais "le bouclier mondial n'a que trop tardé", a déclaré dans un message vidéo Ken Ofori-Atta, ministre des Finances du Ghana et président du V20, soulignant que les pays vulnérables paient déjà pour les pertes et dommages. Le V20 estime que les dommages causés par les impacts climatiques aux économies de ses membres atteignent déjà 525 milliards de dollars depuis 2000.
Cette annonce règle-t-elle le problème des "dommages et pertes" ?
L'initiative est accueillie avec prudence par les ONG et les pays du V20. Ces derniers refusent que le bouclier soit présenté comme la solution à la question des "pertes et dommages", alors qu'un fonds plus global est à l'agenda de la COP27.
Ce bouclier "n'est pas une tactique pour éviter toute négociation formelle sur les pertes et dommages ou des arrangements financiers à cette COP", a assuré la ministre allemande du Développement. Elle a promis qu'il ne serait "pas la solution unique" à ce problème, et qu'il faudrait notamment se pencher aussi sur les événements à évolution lente comme la montée des océans, et sur les pertes "non économiques".
Autre outil censé aider au financement de la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays du Sud, l'engagement des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an (environ 86 milliards d'euros) à compter de 2020 n'est toujours pas tenu.
