Cela fait plus de quinze ans qu'HEC Montréal a commencé à recruter des étudiants à l'étranger et notamment en France, avec l'ouverture en 2002 d'un bureau européen à Paris. Le succès a dépassé les espérances, au point que les bacheliers français ont pu représenter jusqu'à 30% des inscrits au bachelor (le cursus en trois ans, équivalent licence). Aujourd'hui, toutes filières confondues (bachelor, maîtrise, doctorat, MBA), ils représentent près de 1550 étudiants soit 10% des effectifs.

ATTACHE TA TUQUE >> Le Canada au-delà des clichés : recevez notre newsletter gratuite en vous inscrivant ici

Si la connaissance du français est indispensable pour suivre le bachelor, HEC Montréal offre désormais certaines de ses maîtrises ou master (M.Sc) avec des cursus 100% en anglais : cinq masters sont ainsi déclinés depuis un an dans la langue de Shakespeare, ce qui permet d'attirer des étudiants de Corée du Sud, d'Inde ou encore d'Iran.

Au total, 1 étudiant sur 3 est étranger sur le campus. "C'est un bel équilibre, qui offre une diversité intéressante pour les natifs du Canada inscrits chez nous", considère Federico Pasin, le nouveau directeur général de l'école. "Depuis plusieurs années, nous accueillons des jeunes issus d'une plus grande variété de pays, d'Afrique du nord ou d'Asie, de Chine notamment", se félicite-t-il. La proportion de Français est restée stable, avec un peu moins d'élèves au bachelor et un peu plus en maîtrise et MBA.

La mention TB ou B au bac, condition de l'admission

Il faut dire que l'école se montre désormais plus sélective pour l'admission au bachelor : depuis un an, il faut obtenir une mention Très bien ou Bien au baccalauréat pour être accepté. Les dossiers de candidature, qui doivent être envoyés au plus tard le 15 février 2020 pour la rentrée d'août 2020, sont donc traités (l'école promet une réponse en avril) sous réserve des résultats du bac. "Nous avons aussi augmenté la note de sélection pour les étudiants québécois", explique Federico Pasin. Extrêmement populaire, l'école, dont le coût pour un étudiant français (9400 dollars canadiens par an) reste compétitif par rapport aux plus grandes écoles de commerce tricolores, peut se permettre d'être plus exigeante dans ses recrutements.

Les heureux élus apprécient les bâtiments modernes installés sur un campus arboré, la bibliothèque ouverte 24 heures sur 24 en période d'examens, les espaces disponibles pour travailler en groupe. Mais réussir son cursus à HEC Montréal suppose une certaine disposition d'esprit. Le directeur général la résume en deux mots : "autonomie" et "pro-activité". "Il faut être autonome. Ce n'est pas comme en France où l'horaire décide pour les étudiants qui fonctionnent avec une vision court terme de leur agenda. Au Québec, vous pouvez n'avoir aucune échéance pendant plusieurs semaines et d'un seul coup plusieurs dossiers à rendre et plusieurs examens à passer. Il faut donc apprendre à gérer son temps, cela demande de la maturité, surtout pour les élèves venus de l'étranger qui n'ont plus les parents derrière ! Il arrive que certains jeunes perdent leurs repères" prévient Federico Pasin.

Autre condition du succès : la capacité à interagir avec les enseignants. Au Québec, ceux-ci sont très accessibles, il faut donc savoir leur poser des questions, les solliciter. "Un étudiant qui reste en retrait, ou carrément passif, sera désavantagé par rapport à un autre qui va de l'avant et en demande plus aux professeurs", souligne Federico Pasin.

Outre le bachelor trilingue (français-anglais-espagnol), HEC Montréal a multiplié ces dernières années les nouveaux programmes, avec notamment une maîtrise en management et développement durable, en gestion et management du sport ou encore sur l'"expérience utilisateur". L'école a aussi dans ses cartons pour 2020 ou 2021 un double diplôme en gestion et génie avec Polytechnique Montréal. De quoi attirer encore davantage les étudiants étrangers.

>>> HEC Montréal sera présent le 18 janvier à Paris au salon des masters et MBA