«J'ai vraiment craqué pour Le goinfre de Maryline Desbiolles (Seuil). Un monologue boulimique, avec, par endroits, quelques plages de respiration somptueuse, de poésie pure.
L'auteur nous fait suivre un jeune homme qui franchit la frontière italienne et part se réfugier à Bari, où il va se retrouver enfermé dans la lumière étouffante de l'été.
A priori, c'est toute la littérature que je déteste: des personnages torturés, pas d'intrigue, pas de dialogues... Du reste, je n'arrivais pas à rentrer dedans. Et puis, au bout de quelques pages, je me suis laissé envahir par les mots. J'ai trouvé ça haletant, comme un flot de rappeur.
Pour tout vous avouer, je l'ai lu un peu forcée: j'étais invitée comme témoin à l'émission littéraire de Frédéric Ferney, sur France 5, sur le thème de la fuite, et j'avais trois livres à lire, dont celui-là. La bonne surprise, c'est donc que j'ai réussi à me faire surprendre par un roman que je n'aurais pas dû aimer.
Sinon, mes lectures, je les choisis bêtement à la Fnac ou chez Virgin, où j'en profite pour écumer aussi le rayon disques. Et puis, il y a les livres qui vous arrivent par le biais de l'amitié. Dernièrement, mon voisin m'a invitée à dîner et durant le repas la conversation a roulé sur les serpents de mer. Il m'a prêté un ouvrage fabuleux, Le grand serpent-de-mer de Bernard Heuvelmans, paru en 1965 chez Plon, et que je ne cesse, depuis, de feuilleter. C'est un magnifique ouvrage qui retrace toute l'histoire, fantasmée ou réelle, des bêtes ignorées de la mer.»
Marianne James est chanteuse.