«Mon absolu en littérature, c'est Yasmina Reza. Je suis fou amoureux de cette romancière. Pour moi, elle incarne à la fois l'élégance ultime de la pensée et celle de l'écriture. A la rentrée, j'ai dévoré ses deux derniers ouvrages Dans la luge d'Arthur Schopenhauer et Nulle part que j'ai trouvés absolument magnifiques! Je les ai pratiquement lus en sanglotant... Etrangement, ils m'ont apporté la définition exacte de ma vie personnelle ("J'ai enjoué le sombre et l'ai rendu aimable") comme de ma vie professionnelle ("C'est une illusion de croire que l'admiration puisse avoir un prolongement affectif"). J'adore lire ce genre de romans, car ils m'aident à vivre. Bien entendu, j'ai aussi lu La possibilité d'une île de Michel Houellebecq. J'adorerais dire le contraire mais j'ai trouvé ce roman réellement époustouflant! C'est d'une intelligence et d'une acuité absolument sidérantes. Là aussi, j'ai trouvé des tas de choses qui vont probablement m'aider à vivre et peut-être même à mourir... Il y a quelques mois, j'ai également relu Le grand cahier, La preuve et Le troisième mensonge d'Agota Kristof. Un triptyque prodigieux qui a d'ailleurs beaucoup de points communs avec L'oiseau bariolé de Jerzy Kosinski. Ces ouvrages sont là encore formidables. On retrouve chez eux la même plume fabriquée à base de lame de rasoir que chez Yasmina Reza. Enfin, je relis régulièrement le livre du Suédois Mats Wägeus, Scène de chasse en blanc, qui a selon moi l'énorme intérêt de mettre en doute les valeurs du Bien et du Mal.»
*Vient de concevoir le design du Grand Larousse illustré.