Sean Penn n'oubliera jamais Cannes 2016. Et l'accueil violent reçu par The Last Face, histoire d'amour entre la directrice d'une ONG et un médecin humanitaire au coeur du Libéria, ravagé par les conflits sanglants à répétition. Homme engagé dans la vie, Sean Penn a sans doute cru que le prisme d'une histoire d'amour serait le meilleur moyen de faire passer son message de soutien aux populations opprimées. Mais ici, rien ne fonctionne.

La faute d'abord à une mise en scène qui use et abuse de ralentis chichiteux. Car ce qui prête à sourire dans les scènes de love story toutes droits sorties d'un roman Harlequin se révèle plus problématique quand il s'agit de montrer à l'écran les corps mutilés et les cadavres empilés. Comme si Sean Penn ne s'était jamais posé la question de la représentation de l'horreur. Ce sentiment ne cesse de grandir au fur et à mesure d'une intrigue où chaque dialogue est confondant de mièvrerie simpliste.

On souffre pour les comédiens embarqués dans ce chemin de croix! Car, des regards grotesquement énamourés de Javier Bardem à la coiffure et au make-up toujours impeccablement soignés de Charlize Theron au coeur de l'enfer, tout sonne faux. Sean Penn semble contempler de haut ce monde ensanglanté. Comme s'il s'était perdu au point de renier ce qui le définit intimement. Un gâchis monumental.

The Last Face, de Sean Penn, avec Javier Bardem, Charlize Theron, Adèle Exarchopoulos... 2h11.