Au 30 de l'avenue Montaigne, à Paris, les ateliers de la maison Dior. Un manteau et quelques toiles de la collection automne-hiver 2008-2009 ouvrent le bal de Dior Couture. Dans ce beau livre d'images, le photographe Patrick Demarchelier rend hommage à la beauté plastique de cet artisanat unique- ici, entre sculpture textile et tableau fauviste-, dans la tradition d'un Irving Pen ou d'un Richard Avedon, signatures cultes des années Christian Dior.

"La haute couture est un objet d'art que j'aime mettre en scène dans des lieux désaffectés comme une plage abandonnée ou un studio aux murs bruts pour créer un contraste", explique Patrick Demarchelier. Né au Havre (Seine-Maritime) en 1943, ce New-Yorkais d'adoption est aujourd'hui l'un des plus grands photographes de mode. Influencé par les maîtres en la matière et par la peinture, ses jeux de lumière sculptent avec sensualité les lignes du corps comme celle des vêtements... Pas étonnant qu'il ait été sollicité en 2008 pour réaliser le projet Dior Couture.

Photographe sans frontière

Dès lors, il va voyager de Paris à Broadway, de Deauville à Shanghai pour créer ses images éclectiques et souvent théâtrales. Tels ces clichés qui évoquent des tableaux impressionnistes, capturés juste après le défilé automne-hiver 2010-2011, lors d'une "sorte de garden-party improvisée dans les jardins du musée Rodin", se souvient cet adepte de la spontanéité, qui ne dirige jamais ses mannequins.

Du coup, sous son objectif, Gisele Bündchen, Natalia Vodianova ou Karlie Kloss conjuguent au présent plus de soixante ans de haute couture Dior. De la veste Bar de 1947 au premier défilé de Bill Gaytten, actuel directeur artistique de la griffe, en passant par les années Yves Saint Laurent, Marc Bohan ou John Galliano... l'histoire se feuillette désormais comme un rêve de papier glacé.