En 1947, le sacre de Christian Dior mit Paris à la mode. Marqueur d'époque -ses robes corolles avaient éteint les années noires-, il fut sollicité par Hollywood pour habiller ses stars au nouvel air du temps, insouciant et léger. Avec le bel ensemble qui caractérise les Américaines, Liz Taylor, Ava Gardner, Rita Hayworth, Olivia de Havilland -la nouvelle aristocratie de la beauté-, assiégèrent alors le 35, avenue Montaigne pour s'y transformer en Parisiennes très chics et très femmes.

Vit-on jamais Marilyn plus belle que vêtue de noir par Christian Dior, un quadruple collier de perles en sautoir? Lauren Bacall plus féminine qu'en robe plissée "pantomine"? L'homme qui avait, à ses débuts, habillé tant de fêtes et de bals, vit alors ses robes embellir la mondanité planétaire. Mieux: quittant les précieux Salons de la Couture, elles défilaient désormais sur les écrans de tous les cinémas, décochant leurs baisers virtuels aux pauvres comme aux riches.

"No Dior, no Dietrich"

Du Grand Alibi (Hitchcock, 1950) à La Comtesse de Hong-Kong (avec Sophia Loren, 1967) en passant par Arabesque (Stanley Donen, 1965), l'image Dior connut alors une expansion exponentielle. A l'image des stars du théâtre, habituées à imposer leur couturier pour les costumes, les déesses en celluloïd ne voulaient souvent tourner qu'en Dior-avec le dessein plus ou moins avoué d'acquérir à bas prix les vêtements du film. Marlène Dietrich était la plus intraitable: "No Dior, no Dietrich", disait-elle à ses producteurs. Ce beau livre dédié aux noces de la mode Dior et du cinéma se conclut sur Charlize Theron, qui a prêté sa beauté magique à une évocation -très Marylin- du parfum best-seller J'adore.

Cliquez sur l'image ci-dessous pour découvrir l'actrice Bérénice Bejo dans des tenues Dior historiques.