Du temps de mesdames de Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand ou même Chirac, la question ne se posait pas. Actives, ces femmes souvent admirables et populaires avaient d'emblée mis leurs pas dans ceux de leur mari pour soutenir leur ascension politique. Bien sûr, elles n'ont pas été des "potiches", mot peu aimable employé par Valérie Trierweiler, mais elles ne menaient leurs propres activités que pour servir la France et leur époux.
Depuis deux quinquennats, la question de la Première dame ne cesse de poser problème, et la communauté internationale contemple, goguenarde, les affaires de coeur de ces présidents français décidément distrayants. Les précédents locataires de l'Élysée n'étaient certes pas des parangons de vertu, mais ils bénéficiaient d'une presse et d'une opinion publique beaucoup moins curieuses de leur vie privée. Avec l'évolution de la condition féminine et celle des moeurs, tout a changé.
Cécilia Sarkozy a claqué la porte de l'Élysée, parce que son couple battait de l'aile, mais aussi parce qu'elle n'y trouvait pas sa place. Carla Bruni-Sarkozy, légitimement mariée, ce qui a facilité les choses, a parfaitement représenté la France, mais ce fut au prix d'un sacrifice personnel important: mettre sa carrière de chanteuse entre parenthèses et subir, elle qui était très admirée, les contrecoups de la courbe de popularité de son mari.
Valérie Trierweiler a eu le destin que l'on connaît, mais avec elle se posait pour la première fois la question des ressources de la conjointe du président. N'ayant pas l'assise financière d'une Carla, ni sa légitimité puisque François Hollande n'avait pas "régularisé" sa situation, elle devait continuer à travailler, sans pouvoir être journaliste politique: la quadrature du cercle. Quant à Julie Gayet, sa discrétion n'interdit pas les commentateurs de lui attribuer l'ascension de certains ministres ou de conjecturer sur son pouvoir véritable.
L'enquête de Point de Vue et notre sondage Ifop montrent bien l'ambivalence du problème. Supprimer totalement le rôle à géométrie variable de la Première dame, pourquoi pas. Mais comment nier son influence évidente? Des milliers de personnes font spontanément appel à elle et sa vie professionnelle ne peut se dérouler comme si l'Élysée n'y changeait rien. Pourquoi, également, se passer des bonnes volontés, comme le remarque Cécilia Attias dans l'interview qu'elle nous a accordée? Une chose est sûre, la prochaine campagne présidentielle ne pourra faire l'économie de cette question. Le débat est lancé.
SOMMAIRE DE LA SEMAINE DU 25 MAI 2016
En couverture
La première dame en question... Qui saura réinventer le rôle?
L'actualité
Parade des 90 ans d'Élisabeth II Toute l'émotion du monde
Abdallah II et Rania de Jordanie en Belgique 'Quel accueil merveilleux!'
Ouverture solennelle du Parlement Élisabeth II et Camilla en majesté!
Maria Carolina de Bourbon-Siciles Une héritière pour la couronne de Naples
Au château de Versailles La galerie des Carrosses rouvre ses portes
À Moscou Suite française au Bolchoï
Palais de Blenheim Chez les ducs de Marlborough
Quelle culture!
Les États d'art de Daniel Templon
Quelle histoire!
Alphonse XIII et Victoria Eugénie Noces de sang
Quelle beauté! Spécial fête des Mères
Isabelle et Christine d'Ornano Coup double
Dix produits pour les mamans
Quelle soirée!
Cannes Intérieurs jours, intérieurs nuit
L'élue Nathalie Genty