Difficile d'envier le destin d'une héroïne des grand ballets. Dans le Lac des Cygnes, elle est trahie, dans Giselle elle devient folle et trépasse, dans La Bayadère on l'empoisonne... Pourtant l'image de la ballerine continue à faire rêver. Et pas seulement les petites filles! Ces dernières années, les cours adultes grands débutants ne désemplissent plus.
Certains studios parisiens, à l'instar de l'Institut Stanlowa, en proposent jusqu'à deux par jour, tandis que le centre Eléphant Paname consacre régulièrement des stages aux néophytes. Plus besoin de bouder son plaisir, "il n'y a pas de limite d'âge pour commencer à danser en amateur", observe Agnès Faure, directrice de l'Ecole qui porte son nom, avenue George V. Pas de contre-indications non plus. Il faut simplement prévenir en cas de douleur et veiller à travailler selon ses possibilités. "Ma doyenne a débuté à 72 ans!"
Un rêve de petite fille
Le profil de celles qui enfilent les chaussons sur le tard? Certaines, à l'instar de Marie, 26 ans -une année de pratique au compteur- viennent assouvir un rêve d'enfant. "Gamine, je brûlais d'envie de revêtir le tutu, mais comme personne de ma famille n'avait jamais fait de danse, je n'ai pas osé demander."
D'autres, comme Tatiana 41ans, hôtesse de l'air et adepte depuis deux ans, sont à la recherche d'une activité physique qui ne se limite pas à enchaîner des exercices en copiant le prof. Leurs points communs: une passion pour le ballet et la musique et une soif de développer leur sensibilité artistique.
Pragmatiques, elle savent aussi que la danse fait travailler le corps dans sa globalité et permet de sculpter une musculature en phase avec les canons actuels: "On sollicite les muscles profonds, ceux qui donnent la stature et modèlent une silhouette", observe Lorena Lopez, ex-danseuse des Ballets de Marseille et professeur à l'Institut Stanlowa.
Idéal pour gagner en souplesse et se tenir plus droite
"C'est un des meilleurs exercices, renchérit Dimitra Karagiannopoulou, danseuse formée au Bolchoï et enseignante au Centre Rick Odums et au Centre des Arts. Un véritable remède contre l'affaissement du corps. Au bout de quelques mois, à raison de deux cours par semaine, on gagne en souplesse, on se tient plus droite, les muscles s'allongent, l'équilibre devient plus stable et on améliore sa cardio."
Sans parler des bienfaits collatéraux: mémoire et coordination aiguisées, confiance renforcée. "Les premières fois, c'est un festival de crampes et de courbatures. On se découvre de nouveaux muscles", poursuit Marie. "Au début j'évitais de me regarder dans le miroir, il y avait un tel décalage entre ce que j'essayais d'accomplir et l'image renvoyée! Mais le plaisir prend vite le dessus. Finalement, rien de tel pour acquérir une meilleure conscience du corps", analyse cette psychologue de profession. "On a envie de s'en occuper mieux et on se sent plus belle, en harmonie."
Ambiance détendue et absence de compétition
Que l'on soit amateur ou professionnel, un cours a toujours la même structure, seule la difficulté varie. Après une barre avec une dizaine d'exercices qui commence avec des pliés et finit par des étirements, place au milieu pour des enchaînements de pas, des sauts, des ports de bras et une révérence.
Loin des rivalités à la Black Swan, l'ambiance est conviviale et détendue dans un cours grand débutant. "Il n'y a pas de compétition et aucune pression du spectacle de fin d'année", affirme Aurélie, 31 ans, assistante de direction. "On arrive toutes avec des capacités différentes et on progresse chacune à notre niveau."
Question tenue, les règles sont aussi plus décontractées. Nul besoin d'enfiler collant et justaucorps, des vêtements qui révèlent les lignes suffisent. En revanche pas d'impasse sur les demi-pointes et sur l'élastique pour attacher ses cheveux. Et quid des pointes, symbole ultime de la ballerine? Contrairement aux petites filles qui doivent attendre plusieurs années pour que leurs pieds soient formés, l'adulte doit simplement acquérir une force suffisante pour s'y mettre. Généralement c'est envisageable au bout d'un an de pratique régulière," estime Lorena Lopez. En commençant sur le tard, on peut enfiler les pointes plus tôt. Privilège de l'âge!
A Paris ou ailleurs en France, où pratiquer?A quel prix?
L'Institut International de Danse Janine Stanlowa, Paris VIIIe
Cours à l'unité: 17 ¤
L'Ecole de danse Agnès Faure, Paris VIIIe
Cours à l'unité: 18 ¤
Centre Rick Odums, Paris IXe
Cours à l'unité: 15¤
Centre du Marais, Paris IVe
Cours à l'unité: 18 ¤
Studio Harmonic, Paris XIe
Cours à l'unité: 17 ¤
Stage de 2 heures: 40 ¤
Ecole de danse Isadora, Marseille
Cours à l'unité: 13 ¤
Studio A, Bordeaux
A partir de 380¤/an
Ecole de Danse Osipova, Lyon
Cours à l'unité: 20 ¤
