"Aujourd'hui encore attirante, mystérieuse, inquiétante, la rousseur ne laisse jamais indifférents. Elle est source de malaise ou de surpassement mais inévitablement elle forge le caractère". C'est à partir de ce constat que Geneviève Boutry, photographe intéressée par la minorité rousse qu'elle immortalise depuis 20 ans, a composé son ouvrage, Roux, qui mêle clichés et témoignages d'hommes et femmes de tous âges à la chevelure flamboyante.
"Passer inaperçu on ne peut pas. On est toujours marqué par nos cheveux!", "Dans les rues, je marchais, on me touchait les cheveux puisque ça portait bonheur", "J'ai eu des insultes comme poil de carotte, roux moux, tu pues, ça sent la moule, des choses comme ça quoi". Autant de réalités vécues par les roux, autrefois persécutés. Dans l'Egypte antique et au Moyen-Age, cette couleur rare était en effet souvent considérée comme un signe de sorcellerie... Alors qu'elle est désormais érigée en un canon de beauté aussi singulier que sensuel.
Avec la collaboration de plusieurs auteurs dont Valérie André Spécialiste de l'histoire de la littérature et des idées, membre de l'Académie royale de Belgique et David Le Breton, Professeur de sociologie à l'université Marc Bloch de Strasbourg, Geneviève Boutry met en lumière l'intimité d'individus sans doute -trop- souvent ramenés à leur couleur de cheveux et interroge de fait sur la perception et l'acceptation des différences et autres particularismes au sein de notre société.
Roux, Editions Lieux Dits, 192 p. 27 euros.
