Il y a un grand absent, ce printemps: le long wavy, cette chevelure de sirène que l'on associe volontiers à Gisele Bündchen, fournie et ondulée, ni vraiment bouclée ni vraiment raide, souvent blond cendré, hésitant entre le caramel et le châtain clair. Copiée et recopiée jusqu'à l'overdose, la crinière façon surfeuse urbaine a été le marqueur d'une envie de naturel.
Basta! Cette saison, on choisit son camp, on oublie la demi-mesure. Comme sur les défilés, on exhibe un volume exagéré, on redécouvre le brushing ultralisse, ou on opte pour un plaqué strict. Les colorations sont plus franches. Bref, on ne se cache plus derrière le naturel: on montre l'artifice. Seul l'incontournable carré fait de la résistance, s'imposant peu à peu comme la coupe de la décennie. Avec de tels partis pris -du lisse, du volume, ou un carré nonchalant- on ne peut lésiner sur la qualité du cheveu.
Depuis quelques mois, les laboratoires rivalisent d'inventivité pour booster la pousse des cheveux et augmenter leur épaisseur. Le mantra de la saison est de soigner le cheveu en amont, dès le shampooing, pour en faire ce que l'on veut. Le produit coiffant vient en petite touche, et ne s'utilise plus au quotidien. Un retour au "less is more", à adapter selon ses besoins et ses envies. De quoi tout oser!.
Le volume XXL
Où est le sexy, cette saison? A n'en pas douter, dans les volutes vaporeuses, amples et denses des chevelures des mannequins.
Lancées par Marc Jacobs en 2013, les crinières voluptueuses, presque mousseuses, sont toujours d'actualité: en témoignent le volume ultrafélin du défilé Sibling London, ou les mégacrans façon Marilyn sous amphétamine chez Dsquared2. Ce "over-volume" est l'allié idéal des chevelures très longues, mais le "surgonflage" peut également donner un coup de fouet aux crinières entre deux longueurs.
L'avis du coiffeur: David Lucas explique: "Les volumes sont hyperimpressionnants. Les produits ont évolué et permettent d'obtenir des résultats plus durables que par le passé. Pour accentuer leur effet, on peut crêper quelques mèches sur le haut du crâne. En revanche, abstenez-vous sur les longueurs, au risque de casser la fibre. Tous les visages peuvent se le permettre, sauf les minois trop fins, qui risquent de 'disparaître' dans la masse. Idem pour les mâchoires trop carrées."
Le nouveau strict
La raie, décalée sur l'oreille et impeccablement dessinée au peigne, est comme une ligne architecturale sur le crâne. Ce classicisme façon maîtresse de pensionnat fait son effet avec une tenue décontractée. On a beaucoup vu ce basique revisité sur les podiums: très lisse chez DKNY, chez Simonetta Ravizza, on joue de la brillance, chez Laura Biagotti, la mèche déconstruite est associée à une queue-de-cheval classique.
L'avis du coiffeur: "Pour moi, la tendance majeure de la saison est l'association de queues-de-cheval oversized avec ces petites têtes plaquées. Cela crée une silhouette moderne et équilibrée. Génial."
Minitrend: N'oubliez pas l'ultracourt
Le top du moment, Sam Rollinson, exhibe un petit bob façon sixties. Son acolyte Saskia de Brauw a tout coupé. Vu le taux de hype de ces deux-là, il y a fort à parier que l'effet garçonne prendra sur les mannequins dès la prochaine saison.
L'avis du coiffeur: "On ne passe pas au court sur un coup de tête. Cela modifie non seulement l'équilibre du visage, mais surtout la silhouette générale. Je ne le conseille pas à une femme aux épaules un peu larges, par exemple, même avec un visage très harmonieux."
Le carré qui a repoussé
Tout, ou presque, a été écrit sur le "chop", adopté par les tops il y a deux saisons. La version 2014 est nonchalante: assez longue pour être attachée, assez courte pour ne pas tirer le visage vers le bas. Ce carré est porté avec brio par Lindsey Wixson, plutôt rockabilly chez Pucci, ou plus punkette chez Saint Laurent. Chez Chanel, ce sont même des perruques courtes qui coiffent les mannequins. Bref, la fashion sphère ne jure que par lui.
L'avis du coiffeur: "Je ne m'en lasse pas. Tout le monde le veut depuis trois mois, et c'est le moment idéal pour s'y mettre, en le laissant repousser jusqu'à l'été. Pour le rendre intéressant, on joue avec les textures et on booste les cheveux fins avec des produits épaississants."
Le brushing barrette
Le grand lisse façon baguettes, on n'avait plus vu ça depuis les mauvaises sitcoms du début des années 2000. Facilement vulgaire, fake, ou trop sage, le cheveu archilisse se doit d'être fluide et brillant comme un liquide pour regagner un semblant de hype. Pour lui donner l'effet 2014, on lui associe un accessoire: une barrette dorée chez Donna Karan, qui crée une demi-queue-de-cheval sage mais cool.
L'avis du coiffeur: "On évite de faire cette coiffure au quotidien, car les plaques abîment les longueurs. Sachez aussi que l'archilisse ne flatte pas tous les visages, et présente un haut risque de ringardisation."
